Anticapitalistes PDF

Tant que nous ne anticapitalistes PDF pas tous abolitionnistes : Marx sur l’esclavage, la race et la classe. Soutien à l’expo d’Ahlam Shibli et au Musée du Jeu de Paume : Visite collective ce dimanche a 15 H ! Je voudrais remercier l’université de Berkeley et en particulier le département d’études ethniques pour cette invitation qui me fait honneur.


L’engagement partisan des militants de la gauche radicale demeure un terrain d’étude en grande partie inexploré. Cet ouvrage vient combler ce manque en proposant une sociologie historique de l’engagement anticapitaliste en France, à partir du cas de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), du milieu des années 1960 jusqu’à la fondation, en 2009, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Ce livre apporte un éclairage inédit sur les transformations de l’engagement, en analysant les phénomènes de la production sociale de la révolte et des idéologies en poli-tique, et les mobilisations qui ont cherché à changer la vie… militante. En interrogeant les liens entre les évolutions du recrutement partisan et celles à l’œuvre dans la société, en s’intéressant aux trajectoires et aux pratiques des militants, à leurs cadres de pensée et de perception et à leurs reconfigurations au cours du temps, le livre propose de saisir le parti par ses acteurs, et dans le cadre d’une approche attentive aux contextes historiques et sociaux dans lesquels les militants interagissent. Les métamorphoses de la LCR reflètent celles de l’anticapitalisme au cours de la même période, ses crises et difficultés, mais aussi les façons dont ses acteurs ont contribué à le réinventer. Après l’échec des tentatives du siècle passé, le socialisme du XXIe siècle apparaît comme une hypothèse. Mais l’aspiration au changement social et la volonté de rupture avec le système capitaliste perdurent, et ce livre permet de dresser un bilan d’étape des reconfigurations de l’engagement politique de gauche anticapitaliste, métamorphosé par l’histoire et par ses propres acteurs. Il permet aussi de mieux comprendre les nouvelles options stratégiques et programmatiques qui, avec de l’ancien, dessineront peut-être les nouveaux contours d’un projet révolutionnaire.

Avant d’aborder cette notion d’intersectionalité, je voudrais clarifier un point. Je ne parle pas ici à partir d’un point de vue culturaliste, religieux ou identitaire. Je parle d’un point de vue matérialiste et décolonial. J’insiste sur ce point, car en France, exprimer un point de vue critique de l’universalisme blanc est immédiatement interprété comme culturaliste, particulariste. Ceci était une brève introduction, je vous propose maintenant d’entrer dans le vif du sujet. Que signifie pour nous, Indigènes de la république, la notion d’intersectionalité, et surtout quelle est son utilité politique, pourquoi devons-nous nous y intéresser ? La première raison est que ce concept est née de la conscience en luttes des femmes noires et qu’il existe une communauté d’expérience entre l’ensemble des femmes of color des Etats-Unis et d’Europe.

Parce qu’en tant qu’organisation politique, on se doit de penser la condition des populations qui constituent notre base sociale potentielle : les sujets coloniaux en France. Les deux patriarcats ont de nombreux traits en commun mais ils ont aussi des intérêts contradictoires. Parce qu’il y a un féminisme blancs et des mouvements LGBT eurocentriques et hégémoniques. Le féminisme blanc, les mouvements LGBT tout comme le patriarcat blanc ou le mouvement ouvrier blanc peuvent se rendre complices de politiques réactionnaires et racistes pour la préservation de leurs privilèges et intérêts blancs.

Parce que le féminisme et le mouvement LGBT peuvent être instrumentalisés par le pouvoir indépendamment des positions politiques de ces mouvements qui, certains, sont antiracistes et anticolonialistes. Pour des raisons stratégiques : lorsqu’on est une organisation politique, on se doit de penser les alliances potentielles. Je dois admettre que la conscience de l’intersectionalité en milieux blancs, notamment chez les féministes, est indéniablement un progrès. Articulez race, classe et genre, voire orientations sexuelles ! Comme si l’évocation de l’intersectionalité avait des pouvoirs magiques. C’est comme si la conscience des oppressions croisées combinée avec les mots pour le dire suffisaient à définir une politique et surtout à la mettre en pratique. On nous dit aussi : Pratiquez l’entre soi des femmes, comme l’ont fait les féministes blanches.