Ce que savait Staline : L’énigme de l’opération Barberousse PDF

Le Goulag est l’organisme central gérant les camps de travail forcé en Union soviétique. La police politique placée à la ce que savait Staline : L’énigme de l’opération Barberousse PDF du système pénal, développa le Goulag comme instrument de terreur et d’expansion industrielle. Les principaux camps du Goulag entre 1923 et 1961, selon les travaux de la fondation russe Memorial.


L’invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie, le 22 juin 1941, en violation du pacte germano-soviétique, demeure à ce jour l’une des énigmes les plus intrigantes de la Seconde Guerre mondiale. Comment Staline s’est-il laissé prendre au piège de Hitler ? Que savait-il exactement des intentions de ce dernier ? L’ouvrage de David E. Murphy, qui se fonde sur les archives soviétiques très récemment ouvertes aux chercheurs, permet de répondre à ces questions en même temps qu’il fait voler en éclats un certain nombre d’hypothèses pour le moins incertaines. Son analyse détaillée des différentes sources de renseignements dont disposait Staline et des rapports qui lui furent fournis pendant les mois qui précédèrent l’invasion laisse sans voix : le dictateur soviétique pouvait tout savoir, ses meilleurs informateurs lui avaient tout révélé, le jour et l’heure de l’invasion, le nombre de divisions mises en circulation par Hitler, leurs objectifs ! Pourquoi, dans un gouvernement totalitaire, l’information est-elle moins efficace que les convictions, fussent-elles délirantes ? En annexe, David E. Murphy publie deux lettres de Hitler à Staline, datées du 31 décembre 1940 et du 14 mai 1941, où le premier assure le second de son indéfectible amitié cinq semaines avant le déclenchement de l’invasion.

Le terme GOuLAG est un acronyme apparu en 1930 et formé d’après le russe Главное управление лагерей, Glavnoïé oupravlénié laguéreï, qui signifie  Administration principale des camps . Le dernier camp correctionnel de travail fut fermé en 1991. Perm-36, le dernier encore sur pied en Russie, abrite le musée de l’histoire de la répression politique et du totalitarisme en URSS. Il s’agit d’un abus de langage, l’appellation d’un tel camp étant  camp du Goulag . Considérés comme caractéristiques du régime soviétique, les camps de travail du Goulag ont détenu en nombre des victimes du système totalitaire en place : outre des criminels de droit commun, y ont été également enfermés des dissidents et des opposants réels ou supposés de toutes sortes. Les statistiques divisent les historiens depuis l’ouverture des archives soviétiques en 1989.

Pour d’autres le nombre impressionnant de détenus se limite à quelques millions entre 1934 et 1953. 1941-1945 imposées à l’URSS par l’invasion allemande. Entre 1921 et 1953 sur 4 060 000 personnes condamnées, 799 455 furent exécutées, dont 681. Toujours en 1993, Nicolas Werth citait un chiffrage légèrement inférieur sur la base d’une autre source d’archive : le 14 février 1954, le procureur de l’URSS, le ministre de la justice et le ministre de l’intérieur envoyèrent une note à N. On y ajoutera entre 1929 et 1933 2. 000 victimes par la déportation de la dékoulakisation dont en 1930 et 1931 1 800 000 paysans qualifiés de koulaks. La recherche historique ne put commencer qu’après la dislocation de l’URSS et l’ouverture partielle des archives.

Ce travail est souvent le fait de militants occidentaux peu nombreux, socialistes ou trotskistes, en tout cas anti-staliniens, et parfois en lien avec des dissidents russes. En Union soviétique, les textes les plus importants sont souvent à la frontière entre le témoignage et le récit littéraire d’événements réels et de vies détruites. Après avoir circulé clandestinement en URSS, les textes sont repris en Occident : le témoignage d’E. Ginzburg est publié en 1967 en France.