Contes et légendes de Basse-Bretagne PDF

Ankou, dans l’ossuaire de La Roche-Maurice, Finistère. L’Ankoù est parfois — à tort — confondu avec le diable, très présent aussi dans la mythologie bretonne. L’Ankoù semble être un héritage de la mythologie celtique, un dieu dont la fonction est la perpétuation contes et légendes de Basse-Bretagne PDF cycles vitaux, comme la naissance et la mort, les saisons ou le cycle jour nuit.


Contes et légendes de Basse-Bretagne
François-Marie Luzel, folkloriste breton, et également un poète en langue bretonne (1821-1895)

Ce livre numérique présente «Contes et légendes de Basse-Bretagne», de François-Marie Luzel, édité en texte intégral. Une table des matières dynamique permet d’accéder directement aux différentes sections.

Table des matières
-01- Présentation
-02- INTRODUCTION
-03- LA GROAC’H DE L’ILE DU LOK
-04- CONTES ET LÉGENDES DE BASSE-BRETAGNE PAR E. DU LAURENS DE LA BARRE
-05- CONTES ET LÉGENDES DE BASSE-BRETAGNE PAR F.-M. LUZEL
-06- CONTÉ PAR MARGUERITE PHILIPPE, DE PLUZUNET
-07- CONTÉ PAR BARBE TASSEL, DE PLOUARET, EN NOVEMBRE 1869

Le mot est masculin en breton et selon Dom Le Pelletier, dans son dictionnaire étymologique paru en 1752, il serait tout simplement le pluriel de anken qui désigne l’angoisse, la peine. Ankoù est proche de ankouaat, ou ankounac’haat, qui signifient  oublier  dans le dictionnaire Geriaoueg Sant-Ivi d’Alan Heusaff. Hep rann ar red hepken, Ankoù tad an Anken, netra kent, netra ken ! Remplissant ainsi un rôle de  passeur d’âmes , l’Ankou est à considérer comme une entité psychopompe. Ankoù recueille les anaon, les âmes des trépassés, qu’il transporte vers les rives de l’au-delà. Le dernier mort de l’année, dans chaque paroisse, devient l’Ankou de cette paroisse pour l’année suivante. Sur ma foi, celui-ci est un Ankou méchant.

Dans l’un et l’autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires, en ce qu’elle a le tranchant tourné en dehors. L’ankou représenté sur l’ossuaire de Brasparts 1. L’Ankou représenté sur l’ossuaire de Brasparts 2.

L’Ankou représenté sur l’église de Noyal-Pontivy. L’Ankou représenté sur l’ossuaire de Ploudiry. Les cheveux longs et blancs, des braies nouées au-dessus du genou, un large chapeau de feutre noir dissimule sa figure ombragée, un visage sans nez au sourire s’étirant d’une oreille à l’autre et aux yeux vides, au fond d’eux des petites chandelles brulent, l’Ankou est un symbole de terreur. L’Ankou est un vieil homme un peu voûté, aux longs cheveux blancs, très grand et d’une extrême maigreur.

Il est vêtu d’une veste noire à longues basques et de braies nouées au-dessus du genou. Il porte également un feutre noir à larges bords qui masque une grande partie de son visage particulièrement hideux. Un visage sans nez, une bouche grimaçante qui s’étire d’une oreille à l’autre. Ainsi l’Ankou est un être mouvant, un relais que se passent chaque année les derniers défunts de décembre. Contrairement aux représentations squelettiques de la mort, l’Ankou est la plupart du temps représenté comme un être de chair, puisqu’il a été homme un jour. L’Ankou représenté sur la chapelle de Landivisiau.

Inscription en breton au-dessus de la porte de l’ossuaire de La Martyre. Sein, l’homme de barre du Bag noz est le dernier noyé de l’année. Une femme dont le mari était disparu en mer sans que le corps ait été retrouvé, l’aperçut qui tenait la barre, un jour que le Bag noz passait tout près d’une des pointes de l’île. Deux sculptures le représentent, l’une au musée de Morlaix, l’autre à Ploumilliau, dans les Côtes-d’Armor.

Ankou, amical et bon vivant, qui demande l’aide des vivants pour transporter les morts car selon lui, c’est embêtant de les porter seul car ils sont trop lourds. L’Ankou a une place importante dans le film Fleur de Tonnerre de Stéphanie Pillonca-Kervern, où il hante le personnage principal et le pousse à des crimes. Barzaz Breiz, recueil de chants traditionnels bretons collectés par Théodore Hersart de la Villemarqué. Une nouvelle de Claude Seignolle Les chevaux de la nuit dans le recueil Récits Cruels fait intervenir l’Ankou du nom d’Hervé Lenn « défunt depuis décembre ». L’Ankou apparaît dans le livre Les ombres de Kerohan de N.