Etudes ibériques, volume 2 PDF

Répartition des idiomes linguistiques de la péninsule Ibérique vers 300 av. Les Ibères sont une population protohistorique de la etudes ibériques, volume 2 PDF Ibérique.


Les sources classiques ne coïncident pas toujours sur les limites géographiques précises ni sur l’énumération concrète des peuples ibères. La première référence que nous avons des Ibères est faite par les historiens et les géographes grecs. Les Grecs appelaient aussi Ibères un peuple présent en Géorgie, connu sous le nom d’Ibères caucasiens, qui s’appelaient eux-mêmes Iméréti. Dans un premier temps, les Grecs utilisaient le mot pour désigner le littoral méditerranéen occidental, et plus tard pour désigner toutes les tribus de la péninsule. Ils appelèrent ainsi Ibères tous les peuples de la péninsule. Appien parle des peuples et des cités, mais ceux-ci avaient déjà disparu à son époque. Il décrit également la partie occidentale de l’Andalousie.

Les descriptions qu’ils proposent sont faites d’après des témoignages ou des textes antérieurs à leur propre époque, et par conséquent sont peu fiables. Colonnes d’Hercule jusqu’à la mer Noire, et le long de la côte Nord de l’Afrique. Ces quatre peuples auxquels il faut ajouter les Grecs occupaient donc, d’après les auteurs, la côte nord-méditerranéenne. Il est difficile de savoir si c’est à cette époque que les Celtes ont migré dans la région, ou si l’un de ces peuples a changé de nom. Il pourrait tout simplement s’agir d’une correction faite de la part des auteurs sur les connaissances des peuples locaux, qui se feraient plus précises avec le temps.

Pour étudier les Ibères, outre l’utilisation des sources littéraires, l’analyse des documents épigraphiques, numismatiques et archéologiques est incontournable. Bien que les peuples ibères partagent certaines caractéristiques communes, ils ne constituent pas pour autant un groupe ethnique homogène et diffèrent à bien des égards. Sur leur origine on ne sait rien de certain et plusieurs théories s’efforcent de l’expliquer. Elles s’appuient sur des éléments archéologiques, anthropologiques et génétiques.

Cette théorie est due à C. Michael Hogan qui a trouvé des similitudes entre un artefact chalcolithique en Ibérie et une poterie du Néolithique découverte au Maroc. Ibères viennent d’Afrique du Nord et s’apparentent aux Berbères. Les arguments avancés s’appuient sur les découvertes des anthropologues français au Sahara concernant les Touaregs. Mais il a été démontré depuis que la forme du crâne pouvait être imputée à des facteurs environnementaux et qu’il fallait se garder de généraliser à tout un peuple ce genre de particularité physique. De plus, il n’y a pas d’assimilation à faire entre les Touaregs et les Berbères.

Cette explication garde cependant des partisans avec d’autres éléments de concordance. Une autre thèse postule que les Ibères descendent des premiers habitants de l’Europe occidentale et sont les héritiers de la grande culture mégalithique de ces régions. Cette explication s’appuie éventuellement sur des études génétiques. Les langues, écritures, cultures celtiques et ibères sont profondément différentes. Celtes n’occupaient pas encore le Midi de la France. Pyrénées, iront s’établir dans la moitié Nord de l’Espagne.

Se mélangeant aux Ibères, ils formeront alors les peuples dits  celtibères . D’après les éléments livrés par l’archéologie et les recherches les plus récentes, il semble falloir abandonner l’idée que les Ibères soient un peuple migrateur venu d’Afrique. Les premières populations ibériques à s’affirmer sont identifiées au Sud de la péninsule. C’est dans cette région qui comprend l’essentiel de l’Andalousie actuelle et qui s’articule autour du bassin du Guadalquivir que va se développer la culture tartessienne.