Gitega capitale du Burundi. Une Ville du Far West en Afrique Orientale Allemande (1912-1916) PDF

1964 à 1968 et à l’Université Lille III de 1969 à 1972. Comme spécialiste de l’Afrique gitega capitale du Burundi. Une Ville du Far West en Afrique Orientale Allemande (1912-1916) PDF Grands Lacs qu’il a abordée initialement par le Burundi, Jean-Pierre Chrétien a suivi particulièrement les évènements du Rwanda. Deux ouvrages ont souligné cet intérêt, Le défi de l’éthnisme et Les médias du génocide.


En 1912 les colonisateurs allemands, présents au Burundi depuis 1896, fondent au centre du pays une nouvelle ville, Gitega, destinée à en devenir la capitale. Quatre ans après, la Guerre mondiale les force à abandonner ce chantier aux conquérants belges venus du Congo. Gitega offre un exemple de création ex nihilo d’une ville à vocation administrative et commerciale. A partir des archives coloniales et des témoignages de vieux Burundais, cette histoire a pu être reconstituée au ras du sol : le choix du site sur un plateau herbeux, la difficile collecte des matériaux et le recrutement d’une main-d’oeuvre, le désarroi de la population locale face aux nouvelles disciplines et les calculs de ses chefs, le lancement du commerce dans une région où la monnaie était quasi absente, l’ébauche d’une scolarisation. Gitega, de 1912 à 1916, est comme un microcosme de la logique coloniale, avec sa brutalité et ses ouvertures. Par delà tout exotisme, cette situation à l’ouest de l’Afrique orientale allemande évoque aussi celle du Far west américain à la même époque. On y retrouve les agents d’un ordre impérial en construction sur le terrain, mais aussi les jeux d’aventuriers de toutes origines (ici asiatiques et africaines), habituels dans les situations porteuses de nouvelles frontières économiques et culturelles qui rêvent de profits souvent illusoires.

L’autre ouvrage représente le principal thème que Jean-Pierre Chrétien a tenté de faire évoluer à propos des populations rwandaises et burundaises : la remise en cause de l’analyse ethnique convenue de ces sociétés. Il soutient, en opposition à d’autres chercheurs, que ce qui était considéré comme des ethnies ne correspondrait pas à cette définition et ne serait que le produit du regard porté par les colonisateurs de ces pays. Par ses sujets de recherches le travail de Jean-Pierre Chrétien est donc confronté à des débats historiques et politiques, en particulier au sujet de l’histoire du Rwanda. Proche de l’association Survie, il a participé à la Commission d’enquête citoyenne de cette association en 2004. D’autres ont provoqué des controverses parmi les spécialistes du continent africain. Dans ses rapports, articles et ouvrages, M.

Chrétien a défendu la thèse d’une préméditation du génocide, et critiqué, en des termes extrêmement durs, le président Juvénal Habyarimana et son régime. Des débats, moins politiques, ont eu également lieu entre Jean-Pierre Chrétien et d’autres spécialistes de l’Afrique des Grands Lacs et portent sur des divergences d’appréciations de l’histoire de la population de cette région. Les critiques du Club de l’horloge ont été formulées par Bernard Lugan, qui reproche à M. Mais cette conception, dévoyée, a laissé la place à un sentiment catégoriel « racial » qui s’est cristallisé de manière très rapide, en quelques décennies seulement. Dans les années 1960, je crois qu’on n’employait pas encore le terme d’ethnie.

Les travaux de Jean-Pierre Chrétien sur la région des Grands Lacs et sur les racines du génocide rwandais ont par ailleurs reçu une audience internationale. Chrétien, ces clivages ont été créés, du moins au Rwanda et au Burundi, par le colonisateur belge, pour M. Dix ans plus tard, l’essayiste Pierre Péan a utilisé des propos de M. TPIR ainsi que d’avoir une attitude de militant et non de chercheur. Il s’attire alors les foudres de Théophile Obenga, universitaire africain, continuateur des thèses de Cheikh Anta Diop sur l’origine subsaharienne de la civilisation égyptienne. Raymond Verdier et Emmanuel Decaux, Rwanda.

Un génocide du XXe siècle, Paris, L’Harmattan, 1995, 262 p. L’histoire des africains entre Égypte et Amérique, Paris, Karthala, 2000, 406 p. Melchior Mukuri, Burundi, la fracture identitaire. Marcel Kabanda, Rwanda, racisme et génocide. Grand prix des Rendez-vous de l’histoire 2000. Jean-Pierre Chrétien dans Afrique et Histoire, 3, 2005,  Misère de l’Afro pessimisme . Pour moi, il est impossible que la recherche sur l’Afrique ne soit pas militante.

Il faut défendre une curiosité à propos de ce continent contre l’idée qu’il n’intéresse personne ! Modeste, l’historien Jean-Pierre Chrétien définit son travail comme une  compilation de bon niveau . En réalité, c’est bel et bien d’une somme qu’il s’agit, quand on sait qu’aucun ouvrage d’ensemble n’existait, en français, sur l’histoire de la région des Grands Lacs, en dehors de celui d’Emile Mworoha, d’autant plus difficile à consulter qu’il est épuisé. Burundi: Le Metier d’historien: Querelle d’école? Revue Canadienne des Études Africaines, Vol.

Rwanda1994 : l’efficacité dramatique d’une reconstruction idéologique du passé par la presse, thèse Lille 1er juin 2004, en particulier p. Nécessité du travail de la mémoire, Alain Ricard, politique-africaine. Par exemple : René Lemarchand, « Le génocide de 1972 au Burundi. Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, éd. Pierre Péan attaque ainsi son chapitre 20,  Jean-Pierre Chrétien, ou le cachet universitaire des sornettes du FPR :  Qui dira un jour la responsabilité de Jean-Pierre Chrétien dans la tragédie Rwandaise ?