Henri Matisse : Une palette d’objets PDF

Henri Matisse : Une palette d’objets PDF pratique : Quelles sources sont attendues ? Publié dans L’Illustration, 4 novembre 1905, Les Fauves : Exposition au Salon d’automne.


Henri Matisse s’est entouré sa vie durant de nombreux objets, véritables compagnons qu’il emportait dans ses différents lieux d’habitation. Eléments de composition de l’oeuvre, mais aussi sources d’inspiration, cette « palette d’objets », selon l’expression forgée par Louis Aragon, dialogue avec la collection du musée Matisse et constitue un « ensemble harmonieux et cohérent, permettant de suivre la démarche et les différentes recherches du Maître ». Telle une « bibliothèque de travail », cette palette de formes et de couleurs représente bien plus que de simples motifs picturaux. Chargés de leur propre histoire, ces objets sont autant d’ouvertures sur d’autres conceptions esthétiques. Au gré de leurs agencements, selon l’heure du jour et les perspectives, ils secondent le peintre dans son parcours méthodique vers une simplification du trait et lui inspirent de magnifiques « portraits d’objets ». Cet ouvrage, publié à l’occasion de l’exposition « Henri Matisse, une palette d’objets », permet de saisir le contexte de création du peintre et la genèse de son inspiration. Il tient lieu de catalogue de référence pour l’importante collection d’objets et de mobiliers du musée Matisse de Nice.

France à la même période que l’expressionnisme en Allemagne en 1905 et se termine vers 1910. Le mot  fauve  provient d’une expression du journaliste Louis Vauxcelles qui l’identifie historiquement à l’automne 1905, lors du Salon d’automne qui créa scandale, pour s’achever moins de cinq ans plus tard, au début des années 1910. Dans un article intitulé  Le Salon d’automne , publié dans Gil Blas le 17 octobre 1905, Louis Vauxcelles décrit le salon salle par salle. Henri Matisse, Marquet, Manguin, Camoin, Girieud, Derain, Pichot.

Salle archi-claire, des oseurs, des outranciers, de qui il faut déchiffrer les intentions, en laissant aux malins et aux sots le droit de rire, critique trop aisée. Au centre de la salle, un torse d’enfant et un petit buste en marbre, d’Albert Marque, qui modèle avec une science délicate. Le fauvisme est caractérisé par l’audace et la nouveauté de ses recherches chromatiques. Les peintres ont recours à de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives, et revendiquent un art fondé sur l’instinct. Plusieurs influences communes peuvent être reconnues dans les œuvres de ces artistes. Vers 1900, un retour de la couleur s’avère d’autant plus violent qu’elle semble avoir difficilement supporté l’éclipse assez courte que lui ont fait subir les nabis.

Les néo-impressionnistes constituent la première source. Les couleurs cristallines impressionnistes sont également reprises, notamment par Manguin, dont la palette est dominée par des tons jaunes et orangés lumineux. Raoul Dufy, quant à lui, reprend fréquemment le thème de la Rue Montorgueil de Monet, dans ses 14 juillet au Havre ou Rue pavoisée. C’est, de ce fait, une revanche forte des couleurs, des lumières et du plein air qui va éclater et qui va entrainer dans la peinture des bouleversements dont il est alors difficile de prévoir les conséquences.