Images et langages de la violence en Amérique latine PDF

Amaury da Cunha, Demeure, broché, plis japonais, 136 pages, Éditions h’Artpon, conception graphique :  Geoffrey Saint-Martin, Whitepaperstudio. Ici, la couleur indique tout à la fois l’unité stylistique unique de Didier Ben Loulou et la profonde unité images et langages de la violence en Amérique latine PDF la civilisation méditerranéenne avec ses cohérences, ses conflits, sa violence qu’affirmait déjà Fernand Braudel dans La Méditerranée. Une chose que je ne comprendrai sans doute jamais est pourquoi, Didier Ben Loulou s’obstine à publier ses livres de photographie chez un éditeur de littérature générale et ses textes chez un éditeur photo. Cela fait sans doute partie de ses contradictions fécondes.


La violence, sous ses diverses formes, suscite de multiples images et mises en discours aujourd’hui en Amérique latine. Il est apparu aux auteurs de cet ouvrage que l’exploration des divers sens que revêt ce terme de même que l’examen des liens entre les représentations que les acteurs s’en font et les luttes économiques, politiques et symboliques dans lesquelles ils s’engagent ouvraient des pistes nouvelles et prometteuses pour la compréhension des sociétés latinoaméritaines contemporaines. Nous sommes partis du constat que les rapports historiques entre classes et groupes ethniques ont inscrit la violence au cœur même des rapports sociaux en Amérique latine, que ce soit sous la forme d’autoritarisme politique, de luttes pour la terre, de mouvements de guérillas, de violence criminelle qui s’accroît dans les grandes villes au point de sembler indépendante de notre volonté, ou encore sous la forme de l’exclusion brutale de millions de travailleurs par suite de l’application des mesures d’austérité imposées par les grands créanciers internationaux. Les textes réunis dans le présent ouvrage examinent comment les expériences personnelles et collectives de cette violence interagissent avec les imaginaires qui s’entrecroisent dans l’espace public. Ces images, qui émergent tant dans les croyances populaires que dans les discours des politiciens, tant dans les journaux à sensation qui étalent la violence délinquante que dans les mouvements sociaux luttant pour faire la lumière sur des violences occultées, contribuent à créer chez les habitants des villes et des campagnes, chez les membres des classes moyennes ou des groupes paupérisés, des imaginaires de la violence qui vont influencer leurs gestes privés, comme la recherche de mesures de protection personnelle et familiale, tout comme leurs actions politiques.

Au cours des années 1960, il s’éloigne momentanément de la photographie pour se tourner vers le cinéma. Jean-Vigo, et Muhammad Ali, the Greatest, tourné en deux temps, 1964-65 et 1974. Au milieu des années 1980 il initie la série documentaire Contacts où de célèbres photographes décortiquent leurs planches-contacts, cette part généralement occultée du travail photographique. Il ne revient au livre de photographie qu’en 1989 avec Close Up. William Klein est l’auteur d’une quinzaine de livres en considérant les rééditions de ses classiques sur les villes et sans évoquer une multitude de catalogues d’expositions et de monographies. C’est sans aucun doute un truisme, mais prenons-en le risque.

Avec son New York, William Klein a révolutionné, en 1956, l’histoire de la photographie. Il envoie par-dessus les moulins Ansel Adams et son zone system. Même Walker Evans prend alors un coup de vieux. J’étais donc très jeune et ignorant. Je jouais un peu au tennis et je regardais Roland Garros à la télé. J’ai vu The French et j’ai compris qu’on pouvait représenter le réel autrement que selon les conventions médiatiques.

Et je n’ai jamais oublié ce film. RC : Oui c’est une enceinte, un lieu clos, un théâtre. WK : Il faudrait que je revoie ce film, je ne sais plus ce que j’en pense. C’était il y a longtemps, en 1981. RC : Et j’ai pensé que presque toutes vos œuvres, que ce soit vos livres New York, Moscou, Tokyo, mais vos films aussi, étaient ainsi conçus comme des théâtres dans lesquels soit vous enregistrez, soit vous faites agir vos personnages. On m’a proposé The French, j’ai accepté sans bien savoir ce que j’allais trouver. J’adorais le tennis, contrairement à ce qu’il dit lui.