Introduction à l’histoire de l’exégèse : Tome 4, L’Occident latin PDF

Introduction à l’histoire de l’exégèse : Tome 4, L’Occident latin PDF mosquée du Sultan Ahmet à Istanbul. On trouve dans ce vocabulaire philosophique le mot haqîqat dans le sens de révélations divines donnant la vérité, l’essence, et de ce fait le sens spirituel.


Avec ce quatrième tome, nous entrons dans l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, celui de Grégoire le Grand, de Bède le Vénérable et de Bernard de Clairvaux – ces docteurs qui sont des saints et qui restent des modèles pour nous, comme ils le furent pour leurs contemporains. Dans le parcours historique allant de Léon le Grand à saint Bernard, il y a homogénéité de tradition et continuité, parce qu’il y a fidélité aux trois  » sources chrétiennes  » fondamentales que sont la Bible, la liturgie et la patristique ancienne. L’exégèse révèle le caractère intégral, intégrant de la culture médiévale, unissant la prière, la prédication, l’éthique, la recherche théologique en une expérience totale de la présence du Christ en chacun de ses membres et dans le Corps qu’ils constituent. La liturgie est ici comme une atmosphère englobante, en laquelle les détails sont perçus en relation avec l’ensemble de l’existence chrétienne. Toute l’exégèse pastorale de l’Occident latin tend à conduire les fidèles vers la vie éternelle, à les y préparer, à la leur faire désirer, sans peur constante, sans obsédante culpabilisation. De là ce ton de sécurité, de joie, ce bonheur d’une foi tranquille. De là leur insistance sur le  » cœur  » et leur intérêt pour le Cantique des cantiques. Leur exégèse est une activité d’amour, pour Dieu, pour tous. De là enfin l’agrément du style en lequel s’exprime cette exégèse expérientielle. Dom Jean Leclercq.

Henry Corbin insiste dans l’avant-propos de son livre sur le fait que philosophie islamique n’est pas à confondre avec philosophie arabe. C’est en effet à partir des textes grecs traduits en syriaque et en arabe que les musulmans découvrent la philosophie, chronologiquement antérieure à l’islam. Le soufisme entra en conflit avec les savants du kalâm et les philosophes pour préciser la signification du mot sagesse cité dans le Hadith et souvent les soufis utilisaient le titre  savant  pour les plus importants de leurs personnalités, comme le savant Al Tarmazi. L’Inde et l’Iran pré-islamique : le zoroastrisme notamment.

Esprits des humains préexistant au monde terrestre. Elle ne peut être dictée par des dogmes, par un Magistère. Mais elle requiert des Guides, des Initiateurs. La philosophie islamique se développe de l’étape d’étude des thèmes qui ne se prouvent que par le reportage et le culte à l’étape dont l’épreuve est limitée aux preuves logiques, mais le point commun au cours de cet étendu historique était de connaitre Dieu et de prouver la présence du Créateur. Ce mouvement philosophique atteint un tournant très important avec Ibn Rouchd qui invoqua le principe de la liberté et la domination de la raison d’après l’observation et l’expérience. De là, quelques-uns refusaient toujours de discuter des recherches portant sur des sujets divins et la nature du Créateur et la Créature, et préfèrent se contenter de ce qui est écrit dans le Coran et la Sunna. Ce mouvement connu sous le nom de  Ahl al Hadîth , et à qui se rapportent la plupart de ceux qui ont travaillé dans le  fiqh  islamique se doutait toujours de l’importance de la logique de la philosophie.

La Madhhab motazilite est née d’une opposition aux vues traditionnelles des musulmans partisans du califat. Puis, s’intéressant aux attaques que subissait l’islam de la part des non-musulmans, ces motazilistes devinrent rapidement obsédés par le débat avec les autres théologies et courants de pensée à l’intérieur de l’Islam lui-même. Très rapidement, encouragée par le calife Al-Mamun qui fit du motazilisme la doctrine officielle en 827 et créera la Maison de la sagesse en 832, la philosophie grecque fut introduite dans les milieux intellectuels persans et arabes. Ceux qui utiliseront cette méthodologie dite Ilm-al-Kalâm basée sur la dialectique grecque seront appelés mutakalamin. Leurs arguments et raisonnement influenceront en retour les vues musulmanes.

Occident des savoirs grec, indien, et d’autres sagesses pré-islamiques, mésopotamienne et iranienne. Avicenne, et l’Arabe al-Kindi, combinèrent l’aristotélisme et le néoplatonisme avec d’autres courants dans l’Islam. Ils furent considérés par beaucoup comme déviants par rapport à l’orthodoxie religieuse, et certains les jugèrent même comme des philosophes non-musulmans. Les ismaéliens ne sont pas à l’écart de l’influence de la philosophie néoplatonicienne et plusieurs penseurs collaborent pour produire à Bassora une encyclopédie : la Ikhwan al-Safa. Cette exaltation de la philosophie doit être attribuée, pour une large part au persan Al-Ghazâlî et au juif Juda Halevi. Avempace et Averroès ont produit des œuvres importantes de la philosophie.

Averroès clôt le débat par son œuvre d’une certaine audace. La hikmah continue à être enseignée. La Nahda ou Renaissance voit se développer de nouvelles réflexions philosophiques, théologiques et politiques dans le monde islamique. Les mutakalamin sont les partisans de la Kalâm. En Malaisie, Syed Muhammad Naquib al-Attas, un penseur en métaphysique. Dominique Urvoy,  Falsafa : ses aspects humanistes , Encyclopédie de l’humanisme méditerranéen, printemps 2014. Ian Richard Netton,  Neoplatonism in Islamic philosophy , sur Muslim Philosophy, 1998.

Adeline Baldacchino et Michel Onfray, présentation de Diogène, Fragments inédits, Paris, Autrement, 2014. Ali Benmakhlouf,  Qu’est-ce que la philosophie islamique ? Muhsin Mahdi, La Fondation de la philosophie politique en Islam. La cité vertueuse d’Alfarabi, Paris, Champs-Flammarion, 2000.