L’Être et le Divin PDF

France, un ensemble d’événements et de fêtes civiques et religieuses. L’Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être l’Être et le Divin PDF, les droits suivants de l’Homme et du Citoyen .


La métaphysique comme pensée-oubli de l’être est en route depuis longtemps. Elle a pris désormais le visage d’une volonté d’appropriation furieuse et planétaire de toute ressource qui, occidentale en son principe, a depuis longtemps franchi les frontières du national et de l’étatique. Ce qui se joue dans ce mouvement apparemment irrésistible qui ravage notre Terre est à la fois l’effacement de l’être lui-même et la mise en retrait du divin : le nihilisme triomphe désormais, dans la figure de l’impériale domination technique comme dans son envers symétrique, la Terreur de l’obscurantisme fanatique.
Il faut donc relire l’histoire de la métaphysique ‘comme histoire de l’être’, il faut reprendre la très ancienne parole de l’être qui parle depuis la Grèce, reprendre dans le même temps la vérité qui a parlé dans les trois révélations du Dieu unique : telle est la tâche qui nous revient et vers laquelle nous guident Heidegger et Hölderlin, Rûzbehân Baqlî Shîrâzî ou Franz Rosenzweig, penseurs, poètes, initiés. Du moins si nous voulons être de nouveau ceux que le divin salue, non les errants d’une Terre que ne bénit aucun Ciel.

Ce culte fut un des éléments de la déchristianisation qui a accompagné la Révolution française. Il trouvait sa justification dans une certaine forme de résistance civique, la recherche de la défense des  acquis  de la Révolution française, notamment la liberté. Philosophiquement, le culte de l’Être suprême correspond à une religion naturelle, concept né à l’ère des Lumières. République française, estampe anonyme célébrant l’Être suprême, 1794. On peut rapprocher ce culte d’un jacobinisme radical.

Hannah Arendt, dans le chapitre V de son Essai sur la révolution, rapproche ce culte d’une recherche d’un absolu légitimant la Loi. Elle le nomme  Grand Législateur Universel . Il s’agit donc pour elle d’un héritage de l’absolutisme français. Le peuple français reconnaît l’être suprême et l’immortalité de l’âme, estampe anonyme, 1794, Paris, BnF, département Estampes et photographie. Le  culte de l’Être suprême  était une cérémonie déiste, influencé par la pensée des philosophes des Lumières, et consistait en une  religion  qui n’interagissait pas avec le monde et n’intervenait pas dans la destinée des hommes. Le culte de l’Être suprême se traduisait par une série de fêtes civiques, destinées à réunir périodiquement les citoyens et à  refonder  la Cité autour de l’idée divine, mais surtout à promouvoir des valeurs sociales et abstraites comme l’Amitié, la Fraternité, le Genre humain, l’Enfance, la Jeunesse ou le Bonheur.

Robespierre a revêtu un habit bleu céleste serré d’une écharpe tricolore. Il tient un bouquet de fleurs et d’épis à la main. La foule immense, venue communier aussi à ce grand spectacle, est ordonnancée par Jacques-Louis David. Puis Robespierre précède les députés de la Convention, dont il est le président dans un cortège jusqu’au Champ-de-Mars.

Participe à la fête Marcellin le célèbre chanteur des rues de Paris. Dans la troupe des députés de la Convention, pendant la cérémonie, on se moque, on bavarde, on refuse de marcher au pas. Malgré l’impression profonde produite par cette fête, le culte de l’Être suprême fut loin de créer l’unité morale entre les révolutionnaires et devait même susciter, peu après son instauration, une crise politique au sein du gouvernement révolutionnaire. Encyclopédie de l’Agora,  La religion de Rousseau . Michel Vovelle, Serge Bonin, 1793 : la révolution contre l’Église : de la raison à l’être suprême, éd. Hervé Leuwers, Robespierre, Fayard, 2014, p. Hillairet, Connaissance du Vieux Paris Tome 1, 75006 PARIS, Éditions Princesse, 1956, 377 p.