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L’Origine du monde est un tableau de nu féminin réalisé par Gustave Courbet en 1866. Dans le cabinet de toilette du personnage étranger, on voyait un petit tableau caché sous un voile vert. Italiens, et donnant le dernier mot du réalisme. Mais, par un inconcevable oubli, l’artisan qui avait copié son modèle d’après nature, avait négligé de représenter les pieds, les jambes, les cuisses, le ventre, les hanches, la poitrine, les mains, l’ABCdaire de la photographie PDF bras, les épaules, le cou et la tête.


Courbet est une jeune femme irlandaise, Joanna Hiffernan, dite  Jo . En 1866, Courbet réalise plusieurs tableaux avec Johanna Hifferman comme modèle, dont Jo, la belle irlandaise et, sans doute, Le Sommeil pour le diplomate turc Khalil-Bey, tableau exposé aujourd’hui au Petit Palais. Whistler retourne ensuite aux États-Unis, laissant un testament en faveur de Jo qui élève son fils à Paris. Bien que l’Irlandaise soit rousse et les poils pubiens de L’Origine du monde bruns, l’hypothèse selon laquelle Jo ait été le modèle de Courbet est plausible : Tout en s’inspirant de sa muse, Courbet n’aurait pas représenté la couleur de feu de la pilosité de Joanna Hifferman et choisi une coloration brune plus banale pour une toison pubienne préservant ainsi l’anonymat du modèle. Deux romans reprennent l’hypothèse du modèle Joanna Hiffernan. Dans J’étais l’origine du monde, publié en 2000, la romancière Christine Orban imagine une narratrice, Joanna Hiffernan, amante de Courbet et modèle du fameux tableau.

Jeanne de Tourbey, future comtesse de Loynes, peinte par Amaury-Duval, citée par certains historiens comme un possible modèle de L’Origine du monde. Khalil-Bey, le commanditaire de L’Origine du monde. Les auteurs précisent toutefois qu’ils ne disposent pas de témoignages de l’époque pouvant étayer cette possibilité. Photographie de Mlle Queniaux par Nadar, v.

En septembre 2018, l’écrivain Claude Schopp annonce avoir démontré que le modèle du tableau est Constance Quéniaux. Trois ans plus tard, Khalil-Bey ruiné par des dettes de jeu vend 68 tableaux aux enchères. Mais il conserve L’Origine du monde qu’il emmène à Constantinople. Il est ministre du gouvernement turc, puis revient à Paris avec son tableau en 1877.

L’antiquaire Antoine de La Narde fait l’acquisition du tableau. Il est alors masqué par un autre tableau de Courbet représentant le château de Blonay, réalisé durant l’exil en Suisse du peintre. Les Goncourt ne s’étant pas portés acquéreurs, on perd à nouveau sa trace. Ce collectionneur hongrois emporte les deux toiles associées à Budapest où il cède l’Origine du monde à son compatriote le baron François de Hatvany. Le Château de Blonay sera acquis en 1959 par le musée des beaux-arts de Budapest.