La faiblesse des Hommes – Histoire raisonnable de l’affaire d’Outreau PDF

Je ne puis m’empêcher d’ajouter ma parole au flot de louanges qui accompagne l’annonce du la faiblesse des Hommes – Histoire raisonnable de l’affaire d’Outreau PDF brutal de Philippe Séguin, mais l’émotion que je ressens de ce fait est certaine. Et si un blog ne sert pas à exprimer ce qu’on ressent face à une telle perte et expliquer pourquoi, je me demande bien à quoi ça sert. Je ne connaissais bien sûr pas Philippe Séguin personnellement, mais uniquement par sa carrière politique et professionnelle.


Depuis plus de dix ans, l’affaire d’Outreau ne cesse de défrayer la chronique. À l’écart des rumeurs et des polémiques, Gilles Antonowicz reprend le dossier pour en faire une analyse objective et dépassionnée.
Après avoir rappelé les différents épisodes de ce feuilleton judiciaire, ses rebondissements et ses coups de théâtre, il explore les dérives qui l’ont accompagné.
Outreau, un « fiasco judiciaire » ? Certes, mais aussi l’histoire d’une instrumentalisation politique et de multiples dérives médiatiques, la chronique d’un désastre humain, institutionnel, culturel et moral, où l’accablante faiblesse des hommes s’exprime de haut en bas de l’échelle sociale, dans les classes populaires comme au sein des élites.

Ceux qui l’ont connu sont ceux qui pleurent en parlant de lui, vous voyez à qui je fais allusion. A côté de sa carrière à la Cour des comptes, il a eu une longue carrière politique, essentiellement parlementaire, commencée en 1978. C’était un homme politique que je respectais beaucoup, et mes lecteurs savent qu’ils sont peu nombreux dans ce cas, malgré mes opinions divergentes sur l’Europe. Pour vous expliquer pourquoi, je voudrais vous inviter à lire le Journal Officiel des débats parlementaires, pour un moment d’éloquence parlementaire comme il n’y en que trop rarement. Nous sommes le 17 septembre 1981. L’assemblée est saisie en première lecture du projet de loi porté par le Garde des Sceaux Robert Badinter portant abolition de la peine de mort.

Beau geste et fine manoeuvre, les deux ne sont pas incompatibles. Beau geste car il permet à Philippe Séguin, qui avait déjà soutenu une proposition de loi portant abolition lors de la précédente législature, de prendre part au combat final. Fine manoeuvre car face à Philippe Séguin, les députés opposés à l’abolition vont être obligés d’écouter plus respectueusement. Et ce qui va suivre est un des plus beaux moment d’éloquence parlementaire de l’histoire de la république. Une leçon de rhétorique pour tous les avocats, Et de respect de l’adversaire pour tout le monde. Voyez comment il va capter la bienveillance de l’auditoire, rejeter tout anathème à l’encontre de ses adversaires, réfuter leurs arguments tout en rappelant combien ils sont respectables.

10 du document, milieu de la colonne de droite. Mise à jour : Un administrateur de l’assemblée nationale m’informe qu’à la suite de mon billet, le site de l’assemblée a intégré ce discours au format html sur la page consacrée à Philippe Séguin ès qualité d’ancien président de l’assemblée. Merci mille fois, le confort de lecture est amélioré et ce discours sera désormais indexé par les moteurs de recherche taxés. Je suis sûr que même les magistrats financiers qui étaient en désaccord avec sa politique de réforme des chambres régionales des comptes, qu’il avait décidé de regrouper en structures interrégionales, sont eux aussi touchés par son décès. C’est au nombre de ses adversaires qui le pleurent qu’on juge le mérite d’un homme politique. Et Philippe Séguin était de ce point de vue extraordinaire.

Un nombre inhabituel de fautes de frappes se sont glissés dans ce post. Je ne partageais pas les options politiques de Philippe Séguin dans de nombreux domaine, mais il faut reconnaître que contrairement à d’autre son opposition se passait du dénigrement systématique de ses contradicteurs et poussait à élever le débat, marque d’un vrai talent auquel beaucoup, qui en sont dépourvus, substituent des invectives répétitives et interchangeables. Je garde le souvenir de son débat très digne contre Mitterrand, qui avait un pied dans la tombe, au moment du referendum de 92, quand beaucoup ont considéré que sa politesse était une faiblesse. Je ne partageais pas ses positions, mais il est ressorti davantage grandi de cette confrontation perdue que s’il s’était commis dans les moyens que d’autres ont utilisés dans de semblables circonstances. Le vendredi 8 janvier 2010 à 02:41 par J.