La photographie du ciel PDF

Ce débat qui ne devrait pas, la photographie du ciel PDF plus exister, perdure dans le domaine de la photographie de rue. Le noir et blanc serait plus épuré, et donc plus graphique.


Parce qu’il privilégie les lignes et les volumes, il irait à l’essentiel tandis que la couleur serait plus facile, plus racoleuse. C’est un étrange procès que celui du noir et de la couleur, que l’on s’est bien gardé de faire aux arts graphiques traditionnels. Nul n’a jamais songé à opposer les dessins et les gravures d’Albrecht Dürer ou de Gustave Doré aux peintures de Rembrandt ou de Van Gogh. Peut-être parce que les techniques sont fondamentalement différentes, alors qu’en photographie, le noir et blanc et la couleur passent par les mêmes canaux : l’objectif, le film ou le capteur, et le labo ou le processeur d’image. Or, la véritable question n’est pas celle du choix entre le noir et blanc et la couleur, mais bien celle de savoir ce qu’est une  bonne photo , tant sur le plan technique qu’artistique. C’est un vaste débat qui ne saurait appeler une réponse définitive.

Pourquoi cet attachement particulier des photographes de rue au noir et blanc ? Facebook, Flickr et ailleurs, il surpasse en nombre les photographies en couleur. Outre les qualités graphiques évoquées précédemment, le noir et blanc est également choisi, consciemment ou non, par fidélité aux maîtres de la grande époque. L’actuel noir et blanc s’inscrirait dans la tradition, voire la filiation, des Brassaï, Robert Doisneau, Robert Frank, Henri Cartier-Bresson, Vivian Maier, Lisette Model, Willy Ronis, Garry Winogrand et bien d’autres qui travaillaient essentiellement, voire exclusivement en noir et blanc.

Le noir et blanc serait alors un reliquat passéiste, l’expression d’une nostalgie d’une époque révolue. Toute photo de rue récente, en noir et blanc, serait plus ou moins une référence à ce passé qui perdure et dont on ne peut ni ne veut se défaire. Il était difficile, avec les plus anciennes pellicules couleur, de faire de l’instantané par temps couvert ou au fond d’une ruelle mal éclairée. La couleur étant omniprésente, du moins en apparence, elle est  donnée à voir  sans nécessiter l’intellectualisation que l’on prête au noir et blanc. Pour montrer de la couleur, encore faut-il qu’il y en ait, comme sur le personnage ci-dessus, aux couleurs du drapeau allemand, photographié à Berlin. Il n’est certes pas nécessaire de chercher bien loin pour en trouver, mais il faut qu’elle vaille la peine d’être photographiée, et c’est là que se produit le malentendu.

Pour qu’une photographie en couleur soit forte, la couleur doit être signifiante. Si le terme  carte postale  est devenu péjoratif pour une photo qui se contente de montrer un beau paysage avec de l’herbe verte et du ciel bleu, c’est parce que ces deux éléments vont de soi. Il n’est pas nécessaire de les photographier pour faire prendre conscience de ces couleurs. La couleur est justifiée dès lors qu’elle apporte quelque chose à l’image. Elle n’est indispensable que quand la photo ne peut s’en dispenser.

Une photo en couleur se lit différemment d’une photo en noir et blanc. Elle exige une prise de conscience de la singularité de la couleur. Le célèbre Kodachrome, la pellicule de prédiclection des photographes illustrateurs, n’était développée que par quelques laboratoires dans le monde. Le développement de la pellicule négative couleur est aussi contraignant que celui des diapositives, mais sous l’agrandisseur, le film négatif offre des possibilités d’interprétation voisines du noir et blanc grâce à des filtres de contraste et aux possibilités de maquillage. Et contrairement à la diapositive, on peut tirer un nombre illimité d’exemplaires.

Le noir et blanc est apprécié pour ses qualités artistiques et il fait les beaux jours des galeries photographiques. Mais la presse et l’édition sont plus pragmatiques. Peut-être parce que le traitement du noir et blanc est moins onéreux que celui de la couleur, les droits d’auteur sont inférieurs de moitié pour le noir et blanc que pour la couleur. Aujourd’hui, à l’ère du numérique, la donne est fondamentalement différente. Hormis le Leica M Monochrome qui ne photographie qu’en noir et blanc, tous les autres appareils photos font de la couleur. Les puristes ne disposant pas d’un Leica MM désactivent la fonction couleur de leur appareil photo, ce qui permet de viser avec l’écran en noir et blanc et juger immédiatement l’effet sur l’image. Mais s’ils photographient au format Raw, la photo n’en sera pas moins en couleur, à charge pour eux de la convertir en noir et blanc avec leur logiciel photo.

En argentique, la question du choix du noir et blanc ou de la couleur se pose avant les prises de vue. Il est certes possible de convertir de la couleur argentique en noir et blanc, en contretypant le film couleur sur du film noir et blanc, mais le résultat n’est qu’un pis-aller. Le photographe argentique se représente, au moment de la prise de vue en noir et blanc, ce que sera le résultat final. Il le vérifie ensuite sur une planche-contact. En photographie numérique, la donne est là encore différente.

Le photographe peut se dispenser de la question du rendu final en noir et blanc ou en couleur car le plus souvent, il photographie tout en couleur en se réservant le choix, éventuel, de convertir la photo en noir et blanc. Il en résulte un questionnement auquel le photographe argentique est rarement confronté : la photo est-elle meilleure en couleur ou en noir et blanc ? L’avantage de cette interrogation est qu’elle oblige en effet à se poser la question. L’opposition du noir et blanc et de la couleur est un faux-problème, aussi vain et futile que dans d’autres domaines, la controverse sur les modèles d’ordinateurs ou leur système d’exploitation.