La quête de reconnaissance PDF

La Chartreuse de Parme est un roman de formation : c’est dire que le roman nous fait assister à l’évolution d’un personnage qui, au gré d’aventures diverses au cours desquelles il se cherche, finit par se trouver et se constitue sous nos yeux en tant que  héros. S’il n’est pas évident que Fabrice soit toujours le « héros » de La Chartreuse de Parme, c’est néanmoins autour de lui que la quête de reconnaissance PDF’articulent les premiers chapitres.


De plus en plus, dans tous les secteurs de la société, au travail, dans les relations entre groupes sociaux ou entre traditions culturelles ou religieuses, entre les sexes ou les générations, dans les rapports à l’État et l’administration, ou même en famille, les individus se sentent mal ou guère reconnus. Ils aspirent à la  » reconnaissance « , nouveau maître mot. De même au plan collectif : durant les deux derniers siècles, les luttes sociales se sont massivement présentées comme des luttes pour la redistribution de la richesse ; elles apparaissent principalement aujourd’hui comme des luttes pour être reconnus.
La thématique de la reconnaissance est ainsi devenue centrale en sociologie ou en philosophie politique, comme elle l’est dans la réalité même. Une société juste, pense-t-on maintenant souvent, est celle qui accorde à tous la reconnaissance sans laquelle nous ne saurions vivre. Mais pouvons-nous tous être reconnus, et reconnus à égalité dans nos singularités ? Qu’est-ce qui anime la demande de reconnaissance ? Et l’offre de reconnaissance, par les médias, les directions d’entreprise ou les appareils politiques, n’est-elle pas souvent illusoire et manipulatrice ? Qu’est-ce alors qu’une reconnaissance authentique ?
Sur toutes ces questions brûlantes, cet ouvrage apporte le diagnostic et les réponses de sociologues connus (et reconnus) et soulève une question inédite : l’étude des luttes de reconnaissance n’est-elle pas l’objet par excellence non reconnu de la sociologie, celui qui fonde son identité disciplinaire ?

Fabrice appartiennent à un passé déjà mythique : le Milan de 1796 où pénètre l’armée napoléonienne se réveille soudain aux sons joyeux de ces soldats en guenilles, tous jeunes et enthousiastes, et commandés par un général qui n’a pas vingt-sept ans. Fabrice fait naturellement émerger l’enseignement superstitieux de l’abbé Blanès qui nourrit sa conviction héroïque d’une secrète connivence des choses. Son attention à tous les signes qui émaillent sa route laisse croire qu’un destin spécial lui est réservé. Fabrice, couvée par sa tante, est marquée par la contemplation lyrique autant que par la rêverie héroïque : il s’enchante ainsi des vieilles prouesses des héros, s’abîme dans la lecture du Tasse et de l’Arioste comme Don Quichotte dans celle d’Amadis de Gaule. Ainsi rien ne manque à « notre héros » pour figurer dignement parmi les grandes figures de l’épopée. Il nous faut de plus près en considérer les raisons.

Notre impression de désordre, la dérision constante du narrateur à l’égard de son personnage orientent délibérément notre lecture vers une démythification de la bataille de Waterloo. La plus grande discordance entre l’idée et la réalité est le temps, le déroulement du temps comme durée. Homère et son grandissement systématique par l’hyperbole des actions et des personnages. Fabrice est tantôt rêveur et distrait, tantôt curieux de détails dérisoires dont il ne parvient pas à saisir l’origine. Stendhal ces « intrusions d’auteur » qui le font juger ses personnages et établir une sorte de connivence ironique avec le lecteur.