Leçon d’anatomie. Le corps des artistes de la Renaissance au Romantisme PDF

Leçon d’anatomie. Le corps des artistes de la Renaissance au Romantisme PDF Vernet, Jean-Louis-André-Théodore Gericault, probably 1822 or 1823, 1998. Théodore Géricault par Horace Vernet, vers 1822-1823. Incarnation de l’artiste romantique, il a eu une vie courte et tourmentée, qui a donné naissance à de nombreux mythes.


Depuis Léonard et Michel-Ange, la place de l’étude anatomique dans la formation et le travail de l’artiste n’a cessé d’intriguer l’amateur, soucieux de pénétrer les arcanes de la création. Si de nombreuses expositions se sont intéressées au sujet, aucune étude spécifique n’est en définitive à disposition. Le présent ouvrage est là pour combler cette lacune, et expliquer l’ampleur des enjeux liés à la question anatomique en Europe de la Renaissance à l’époque romantique. Au XVIIe siècle, et plus spécifiquement en France, la connaissance anatomique parvient à se placer au cœur de tous les discours et de toutes les controverses : la pédagogie du dessin, la place du modèle antique, la validité du jugement de l’amateur. L’engouement est tel pendant la période révolutionnaire que le peintre Jacques-Louis David fera de l’étude anatomique une « marque de fabrique » de son atelier. Houdon fera fondre en bronze un Ecorché grandeur nature, chargé de symboliser son travail de sculpteur. La très sélective institution des Salons ira jusqu’à exposer d’abord des écorchés, puis de simples moulages sur cadavres, comme s’il s’agissait d’œuvres comme les autres. Comment expliquer cet engouement exceptionnel de l’artiste et des amateurs, qui culmine et s’achève avec la profusion des dessins anatomiques de Géricault et Delacroix ? Au-delà de la méthode, l’anatomie est bien devenue, au cœur de cette période, un thème de l’œuvre d’art. Thème particulier, qui interroge le spectateur sur ce qu’il veut voir grâce à l’œuvre : des images vraies, même si elles « poursuivent l’imagination » selon Stendhal, ou une paisible recomposition du réel ? Du XVe siècle à l’âge romantique, cet ouvrage rassemble le patrimoine de cette quête anatomique, dessins, peinture et sculpture, grâce à une campagne de prise de vue réalisée par Giovanni Ricci Novara.

Théodore Géricault naît dans une famille aisée de Rouen, originaire de la Manche, à Saint-Cyr-du-Bailleul où un lieu-dit du même nom, l’ Hôtel Géricault  existe toujours. Normandie, descend d’une vieille et riche famille normande. Vers 1796, la famille Géricault s’installe à Paris, 96 rue de l’Université. En 1806, il entre au Lycée Impérial, où il a pour professeur de dessin le prix de Rome Pierre Bouillon. 28 ans de moins que lui.

Le couple encourage Théodore Géricault à suivre des études artistiques. Un des deux Cavalier blessé de 1814. Théodore Géricault étudie en 1810 dans l’atelier du peintre Carle Vernet, spécialiste de scènes de chasse. Il y fait la connaissance de son fils, Horace Vernet. Il alterne les études, des Académies de nus masculins, où l’influence de Michel-Ange se remarque avec de nombreux portraits de chevaux aux écuries, dont celui de Tamerlan, le cheval de l’empereur. Ses camarades d’atelier notent son goût pour les textures épaisses et riches et le surnomment :  le Cuisinier de Rubens .