Le néo-classicisme PDF

Cette page est en semi-protection longue. Il se définit par un ensemble de valeurs et de critères qui dessinent le néo-classicisme PDF idéal s’incarnant dans l’ honnête homme  et qui développent une esthétique fondée sur une recherche de la perfection, son maître mot est la raison. La centralisation monarchique, qui s’affirme dès 1630 sous l’autorité de Richelieu d’abord, puis de Mazarin, dépasse le cadre politique pour toucher le domaine culturel.


De tous les courants artistiques européens, le néo-classicisme est sans cloute celui sur lequel s’accumule le plus grand nombre de malentendus. Heureusement, depuis une trentaine d’années, en France et à l’étranger, de nombreuses expositions ont été consacrées à ce mouvement ou à ses plus grands héros. Malgré tout, les clichés ont la vie dure, selon lesquels le néo classicisme serait un composé de froideur et de pédanterie, un art littéraire et grandiloquent. Hugh Honour en propose une réhabilitation passionnante, qui embrasse toutes les techniques artistiques. Au lieu d’offrir un survol chronologique scolaire, il explicite les enjeux esthétiques, philosophiques ou politiques, analyse quelques exemples clés, fait découvrir des artistes singuliers et méconnus, qui partageaient des idéaux voisins d’un bout à l’autre de l’Europe, et rend justice à des génies tels que Ledoux, David ou Canova, dont il fait ressortir toutes les facettes.

La notion de  classicisme  pose des problèmes de définition. C’est pourquoi il peut être utile de revenir à l’origine sémantique du mot pour en comprendre le sens. Le terme classicus désigne en latin la classe la plus fortunée de la société. Le terme de classicisme est utilisé pour la première fois par Stendhal en 1817 pour désigner les œuvres qui prennent pour modèle l’art antique par opposition aux œuvres romantiques.

Le classicisme renverrait à un moment de grâce de la littérature française où l’esprit français se serait le plus parfaitement illustré. De ce fait, le classicisme a servi de repoussoir à tous ceux qui défendaient une littérature moins réglée, à commencer par les romantiques. Le terme de classicisme appliqué à une période de la littérature nationale est propre à la littérature française. Le classicisme à la française ne se définit cependant pas seulement par des critères historiques. Il répond également à des critères formels.

Les œuvres classiques reposent sur une volonté d’imitation et de réinvention des œuvres antiques. Elles respectent la raison et sont en quête d’un équilibre reposant sur le naturel et l’harmonie. Il en va de même pour le maniérisme qui précède le classicisme et le rococo qui le suit. Ce goût serait né dans les salons mondains et aurait profondément influencé la littérature de la seconde moitié du siècle.

La centralisation monarchique initiée par Louis XIII s’affirme dès 1630 dans le domaine politique sous l’autorité de Richelieu d’abord, puis de Mazarin et de Louis XIV. Les écrivains classiques sont donc nécessairement pétris de culture religieuse. Certaines œuvres, comme Les Provinciales de Pascal ou l’œuvre de Bossuet, relèvent même entièrement de la religion. Ce sont les œuvres des doctes qui définissent les théories du goût classique, à travers des lettres, des traités, des arts poétiques. Vaugelas, Guez de Balzac ou Dominique Bouhours légifèrent ainsi sur la bonne utilisation de la langue. L’enseignement des doctes est en effet fondé sur des règles tirées des modèles grecs et latins.