Le picot bigouden PDF

Voile de la reine des Belges Marie-Henriette, vers 1878. Dessins des tenues vestimentaires à différentes époques: période bourguignonne, XVIème, Le picot bigouden PDF, XVIIIème et la Révolution.


Il n’existe aucune information précise des dates et lieux originels de la dentelle. Les métiers mécaniques sont apparus vers 1820. La guipure est une dentelle dont le fond est fait avec des barrettes ou fils jetés et non avec des mailles ou réseaux. La fabrication de guipure d’Irlande au crochet s’est développée dans ce pays, comme revenu complémentaire afin de survivre, lors de la grande famine liée à la maladie de la pomme de terre qui débute en 1845. Elle y est connue sous le nom de « picot bigouden » car le picot est très utilisé pour les fonds. Il sera suivi par Dior en 1957. Au cours des siècles passés, les deux régions prédominantes de la production de dentelles, tant pour la renommée que la production, furent la Haute-Loire et le Nord-Pas-de-Calais.

C’est en 1809, dans les environs de Nottingham, que John Heathcoat, un tout jeune mécanicien, inventa le premier métier à tulle composé d’un système à bobines et charriot. En 1813, un certain Leavers eut l’idée d’allier la technique Jacquard au procédé mécanique de John Heathcoat, et c’est ainsi que d’un métier à tulle on a pu évoluer vers un véritable métier à dentelle, permettant de réaliser avec une liberté totale tous les motifs imaginables. Le chemin vers la production mécanique dans cette région ne suivit pas le même tracé. Le point de départ est l’invention en 1748, par Thomas Wadford, du métier à tresser, dont on trouve des traces postérieures en Allemagne. Si, en 1880, c’est un Allemand, M. Si les deux types de métiers fonctionnent sur des principes différents, ils permettent tous deux d’avoir une qualité de dentelle extrêmement fidèle aux modèles manuels et une finesse inégalée. Ces métiers sont aujourd’hui classés patrimoine national.

De nos jours, la Haute-Loire et le Nord-Pas-de-Calais sont toujours les deux grandes régions de la dentelle en France. La Haute-Loire compte une dizaine d’entreprises d’une centaine de salariés, possédant cent à cent-cinquante métiers. Ils datent en majorité des années 1920 et 1930 et peuvent être composés de 32 à 96 fuseaux. Le marché de la dentelle n’est que très faiblement lié à l’acheteur particulier : elle est essentiellement considérée comme une matière première, qui est achetée pour entrer dans la composition d’un produit fini.

C’est donc en premier lieu l’industrie du vêtement qui est le premier acheteur de dentelle, à la tête de laquelle on trouve les maisons de haute couture. L’entreprise Solstiss, basée à Caudry dans le Nord, est née de l’association en 1974 de quatre dentelliers. Beauvilain connu pour la diversité exceptionnelle de ses motifs. Cet événement sera relayé dans le monde entier et confirme l’importance de la place de Caudry comme principal centre de production de la dentelle mécanique Leavers. En 2018, une quinzaine de manufactures dentellières exercent dans les Hauts-de-France. Elles étaient dix fois plus nombreuses dans les années 1950.