Le pouvoir et la grâce : Le prêtre, du concile de Trente à Vatican II PDF

Que peut-on dire de la  Loi naturelle  ? Les défis de la presse catholique. Eglise le pouvoir et la grâce : Le prêtre, du concile de Trente à Vatican II PDF les médias : entre fascination et réprobation.


Les débats récents sur la place des ministères dans l’Eglise et dans la société font apparaître une étonnante continuité entre les contestations luthériennes, au XVIe siècle, des approches thomistes du sacerdoce et les crises d’identité de nombre de prêtres de nos jours, qu’ils soient jeunes ou âgés. Il s’agit donc de mettre au clair cette transversalité des représentations du prêtre dans l’Eglise. A partir du concile de Trente et de la  » désacralisation  » luthérienne du prêtre, en passant par les conceptions des grands témoins de l’école française, de celles d’auteurs moins connus du XIXe siècle, le presbytérat d’un curé d’Ars, ainsi que les étapes que furent l’épreuve de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’émergence des laïcs de l’Action catholique, et la réimplantation d’un clergé spécialisé en vue de l’évangélisation dans le tissu social, Mgr Gérard Defois offre un parcours saisissant, à la fois enquête historique et approfondissement sociologique et théologique, jusqu’à Vatican II. Ce Concile a entendu réunir le ministère de la Parole et le ministère de l’Eucharistie dans une vision organique et ecclésiale du presbytérat. Mais les crises culturelles des années qui l’ont suivi ont ravivé les tensions entre les composantes fonctionnelles de la Parole et les représentations traditionnelles de l’Eucharistie comme symbolique d’une Eglise sacrement du salut. Cette passionnante enquête met en lumière des questionnements inattendus au cours de l’histoire, en s’appuyant sur des auteurs et des études jusqu’ici inconnus.

Difficile de combattre un christianisme identitaire sans redéfinir ce que peut être un christianisme progressiste pour aujourd’hui. Henri Tincq a été responsable des pages religions du Monde de 1985 à 2008. Vingt-trois années d’une observation en quelque sorte privilégiée de la vie de l’Eglise catholique. Un travail poursuivi depuis lors au travers de diverses contributions éditoriales.

Je ne reconnais plus mon Eglise écrit l’auteur dès la première ligne. Les raisons en sont nombreuses, qu’il développe tout au long de son essai. Mais lui restent en travers de la gorge les résultats de la présidentielle de 2017. D’où sa colère contre le mutisme des évêques de France qui, dans l’entre-deux tours, ont refusé de prendre position. Faute morale écrit Henri Tincq d’autant plus incompréhensible que François Fillon avait lui-même appelé à barrer la route à la candidate du FN.

L’expansion d’un christianisme identitaire Au fond, ce scrutin pose à lui seul les termes du débat que développe l’ouvrage. La charge est violente et demanderait sans doute à être nuancée ici ou là. Mais qui peut contester qu’elle exprime là le ressenti de nombreux catholiques qui comme Henri Tincq ne reconnaissent plus leur Eglise ? Une Eglise en échec contre la libéralisation des mœurs Sans doute le débat autour de la loi Taubira a-t-il été la charnière de ce basculement et de cette radicalisation dans l’un et l’autre camps.

L’auteur souligne combien, à rebours de l’opinion dominante il y a moins d’un siècle, les Français reconnaissent aujourd’hui la légitimité de l’Eglise à intervenir dans le champ social pour dénoncer les injustices ou mobiliser sur la révolution écologique. Il reconnaît néanmoins, s’agissant de la loi Taubira, que la polémique ne s’est pas réduite à une entreprise obscurantiste comme celle décrite et dénoncée par les partisans de la loi. Effet générationnel oblige, c’est sur la disparition des cathos de gauche, qui des décennies durant ont donné une certaine coloration progressiste au catholicisme Français, qu’Henri Tincq dit le plus douloureusement son incompréhension. Déçus de la gauche dont ils ont souvent été les mal-aimés, déçus de l’Eglise dont les pontificats de Jean-Paul II puis de Benoît XVI leur ont semblé remettre en cause les acquis du Concile, déçus que l’espérance nourrie par l’avènement du pape François ne se soit pas à ce jour réellement concrétisée. Impuissants, ils assistent à l’ascension d’un catholicisme de droite identitaire qui est à la fois la cause et le symptôme de leur défaite.