Les décisions absurdes: Sociologie des erreurs radicales et persistantes PDF

Les formes d’intelligence collective sont très diverses selon les types de communauté et les membres les décisions absurdes: Sociologie des erreurs radicales et persistantes PDF’elles réunissent. Les systèmes collectifs sont en effet plus ou moins sophistiqués.


Il arrive que les individus prennent collectivement des décisions singulières et agissent avec constance dans le sens totalement contraire au but recherché : pour éviter un accident, des pilotes s’engagent dans une solution qui les y mène progressivement ; les ingénieurs de Challenger maintiennent obstinément des joints défectueux sur les fusées d’appoint ; des copropriétaires installent durablement un sas de sécurité totalement inutile ; une entreprise persévère dans l’usage d’un outil de gestion au résultat inverse de l’objectif visé… Quels sont les raisonnements qui produisent ces décisions absurdes ? Les mécanismes collectifs qui les construisent ? Quel est le devenir de ces décisions ? Comment peut-on à ce point se tromper et persévérer ? Ces questions, auxquelles Christian Morel répond grâce à une analyse sociologique aux multiples facettes, conduisent à une réflexion globale sur la décision et le sens de l’action humaine.

Un groupe est souvent une somme de belles individualités mais, avant tout, des individualités. En utilisant et en favorisant les interactions au sein du groupe, l’intelligence collective prend le dessus. Une information locale et limitée : chaque individu ne possède qu’une connaissance partielle de l’environnement et n’a pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe. Un ensemble de règles simples : chaque individu obéit à un ensemble restreint de règles simples par rapport au comportement du système global. Des interactions sociales multiples : chaque individu est en relation avec un ou plusieurs autres individus du groupe. Pour Denis Cristol et Cécile Joly l’intelligence collective ne se limite pas à la dimension cognitive et à la résolution de problème mais se situe comme « une finalité humaine caractérisée par un déploiement progressif et distribué : des énergies, des corps, du pouvoir, des motivations, des visions. Cette finalité de contribution au vivant s’élabore par émergence aux interactions sociales et naturelles du milieu.

Elle prend en compte à chaque instant les émotions humaines en jeu. L’intelligence collective dans une société humaine provient d’interactions plus complexes répondant à diverses conditions citées ci-après. Une adhésion fondée sur des buts communs. Une confiance mutuelle entre les membres. Une organisation dynamique : la répartition des rôles est fondée sur le volontariat et la complémentarité des compétences.

Autonomie des membres : chacun est responsable de sa propre action. Les décisions stratégiques sont basées sur le vote ou sur le consensus. Un réseau de communication permettant l’interaction entre tous les membres. Des interfaces facilitant la coordination des actions : procédures, normes, standards. Un accès total et en temps réel à l’information pour l’ensemble de la communauté. Une vue synthétique et contextuelle de la situation pour chaque membre.

Un système de régulation : évaluation, contrôle, optimisation, correction des erreurs. Constitution d’un corpus de connaissances : archivage, indexation de l’information. Partage d’expériences et de pratiques, émergence d’une conscience commune. L’intelligence collective aura plusieurs extensions possibles suivant la nature de la communauté d’intérêt. Lorsque la communauté d’intérêt est constituée par toute la population mondiale, comme c’est le cas sur des questions globales comme le réchauffement climatique, la paix dans le monde, il y a lieu de mettre en place des mécanismes de régulation. L’espace collaboratif est ici constitué par la toile mondiale.

Cet état d’esprit s’appuiera sur des principes de fonctionnement qui autorisent sa mise en œuvre. Ce changement d’état d’esprit passe avant l’utilisation d’outils de facilitation ou d’outils informatiques qui ne peuvent être qu’au service du processus. Booster l’Intelligence collective, Armand Colin, 2012, p. Le monde d’aujourd’hui requiert un mode supérieur d’intelligence collective. Selon la psycho-sociologue Christine Marsan,  il n’y a pas de préférence privilégiée par sexe de manière innée, c’est davantage une prédisposition de caractère renforcée par l’éducation. La question de l’éducation demeure primordiale, c’est ce qui permet de comprendre ce qui a conduit les femmes à développer leur côté émotionnel et relationnel.

De nombreux cas de défaillances sont connus en ce domaine. L’intelligence sociale, que définit Jean-François Chantaraud dans L’état social de la France, permet de dépasser ces limites en aidant à  comprendre et construire de façon simultanée la personne, l’entreprise et la société . Toute personne peut se faire une opinion propre. La notion d’intelligence collective et collaborative tend de même à prendre une importance notable dans le cadre très large de l’économie de la connaissance. Les individus aiment la proximité de leurs semblables et tendent à être grégaires car ils obtiennent un avantage substantiel à chasser, se déplacer ou vivre en groupe. L’individu seul répond instinctivement à certains stimuli. La coordination du groupe est implicite et se fait au travers de règles comportementales très simples au niveau individuel.