Les Esclaves de Paris Tome II (Edition illustrée) PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. La Liseuse de Fragonard, vers 1770, conservée à la National Gallery of Art, Washington. Le roman est un genre littéraire, les Esclaves de Paris Tome II (Edition illustrée) PDF essentiellement par une narration fictionnelle. La place importante faite à l’imagination transparaît dans certaines expressions comme  C’est du roman !


Ce livre numérique est le roman en édition illustrée de Emil Gaboriau Les Esclaves de Paris – Tome II (Edition illustrée)

Extrait du livre :
Quand de Poitiers on veut se rendre à Loudun, le plus court est encore d’aller retenir une place à la diligence qui fait le service entre le chef-lieu du département de la Vienne et Saumur, la plus coquette des cités qui se mirent aux flots bleus de la Loire.

Le bureau de cette diligence est à deux pas de l’hôtel de France, entre le restaurant du Coq-Hardi et le café de Castille.

Un employé fort poli y reçoit les voyageurs. On lui donne cinq francs d’arrhes, et en échange il garantit une bonne place de coupé pour le lendemain matin.

Surtout, recommande-t-il, arrivez à six heures, six heures très précises.

Le lendemain donc, on se fait tirer du lit dès l’aurore, on s’habille en deux temps, et on arrive au pas de course. Hâte inutile !

Tout dort encore dans le bureau, à l’exception d’un garçon, juste assez éveillé pour répondre une grossièreté aux questions qu’on lui adresse.

S’indigner ? À quoi bon ! En face, un débit s’ouvre où on vend du café au lait, mieux vaut s’y réfugier.

Ce n’est guère que vingt-cinq minutes plus tard que le « buraliste » se montre, bâillant à se démettre les mâ-choires.

Presque aussitôt, le conducteur apparaît, sacrant, donnant des ordres, jurant que jamais il n’a été si en re-tard.

Vite on tire de la cour la vieille diligence qui sonne la ferraille. Le postillon et un palefrenier surviennent, traînant par leur longe les trois chevaux endormis. On attelle et les facteurs hissent sur l’impériale les bagages et les colis.

– En voiture !… crie le buraliste, en voiture !…

Fausse alerte ! Pas un des voyageurs de la ville n’a montré le bout de son nez. On attend M. de Rocheposay, qui demeure rue Saint-Porchaire, maître Nadal, qui habite près de Blossac et aussi M. Richaud, de Loudun, venu la veille pour ses affaires, et descendu à l’hôtel des Trois Piliers, et d’autres encore.

Un à un ils se présentent, se hâtant lentement, portant force boîtes dont ils embarrassent les compartiments.

Enfin le compte y est. Sept heures et demie sonnent, le conducteur lâche un dernier juron, le fouet du postillon claque ; hue ! on part ; on est parti.

C’est au galop de ses rosses fourbues que la voiture descend les rampes de la ville ; elle traverse comme un trait le pont du Clain, elle brûle le pavé du faubourg, elle atteint la grande route et les chevaux emboîtent le trot somnolent qu’ils garderont jusqu’au relais.

Depuis son apparition, le genre romanesque a connu de nombreuses évolutions formelles et mises en question, aussi bien dans sa réception publique que du fait des écrivains. Histoire et aussi avec la généralisation de l’apprentissage de la lecture par l’école et la diffusion imprimée. Toute tentative de définition satisfaisante du roman est étroitement liée à l’identification de ses origines. Ainsi, nombreux sont les théoriciens du roman qui ont cherché à appuyer leurs théories génériques sur des théories étymologiques. Voilà pourquoi une entrée satisfaisante pour tenter de définir le terme de roman peut se trouver dans l’origine même de ce mot. Au Moyen Âge, l’usage du latin se restreint aux textes écrits tandis que les communications orales se font en langue romane.

Le latin n’étant connu que d’une minorité de la population, constituée essentiellement de religieux et de lettrés, il faut alors transcrire ou écrire en langue romane certains textes afin de les rendre accessibles à un public plus large. Le terme se met à désigner progressivement un genre littéraire à part entière. Le terme commence alors à se rapprocher de son sens moderne, celui de récit fictif à épisodes centré autour d’un ou de plusieurs personnages. Le roman a tout d’abord été le récit d’une aventure fantastique, comprenant un personnage idéal vivant une aventure idyllique elle-même. Les livres étaient au début destinés aux nobles et non au peuple.

Les romans de Chariton, d’Achille Tatius ou d’Héliodore d’Émèse sont les principaux représentants du genre à nous être parvenus. Les commentateurs des premiers siècles apr. Métamorphoses attribuées à Apulée ou le Satyricon attribué à Pétrone. Bien que novateur et original, il puise pourtant de nombreux motifs dans les genres littéraires qui l’ont précédé. La rupture littéraire amorcée par l’apparition du nouveau genre de la poésie lyrique ne doit pas pour autant masquer une large continuité dans les thèmes et les motifs évoqués par le roman.

Cependant, le romancier ne reprend pas ces thèmes à l’identique, très souvent il les réactualise, les modifie et les dramatise. Mais surtout, il substitue une nouvelle figure à celle du poète amoureux. Le modus operandi de la séduction évolue : la femme ne se séduit plus par des paroles et des chansons mais par des actions. Le héros de la chanson de geste tient ses traits du héros épique. Il est vaillant, brave, il sait manier les armes, il allie la franchise à la loyauté et à la générosité.