Les Insoumis PDF

Boycotter, c’est reconnaitre le les Insoumis PDF de nos choix, et admettre qu’ils peuvent indéniablement influencer la réalité. Mais qui aurait pu croire que cette expression élémentaire d’une liberté fondamentale aurait pu être remise en cause un jour en France?


Ils sont cinq. Ils sont tous morts et avec eux a disparu un certain art de vivre, quelque chose de très français. Ils ne rentraient pas dans le lot. L’acteur Maurice Ronet, qu’on a tué tant de fois au cinéma et qui faisait mordre la poussière au quotidien. Le scénariste Paul Gégauff, l’inventeur du fameux dîner de cons qui finit poignardé par sa femme un soir de réveillon. Pascal Jardin, l’auteur du Nain jaune, qui signa cent films et aima une seule femme à travers une multitude d’autres. Le producteur Jean-Pierre Rassam (La grande bouffe, La maman et la putain) qui occupa une suite à l’année au Plaza, fut patron de la Gaumont avec Jean Yanne pendant quelques jours et termina dans la ruine et les barbituriques. L’écrivain Dominique de Roux, qui rêvait de réconcilier De Gaulle et Mao, crapahuta dans les maquis angolais aux côtés de Savimbi et fut victime d’une crise cardiaque.

Ce furent de grands vivants. Séduisants, insupportables, imprévisibles, ils auraient pu être des personnages de roman. Aujourd’hui, ils ne pourraient plus exister. L’époque ne le permettrait pas. Ils s’en ficheraient : c’est une époque qui leur aurait fortement déplu.

É.N.

Museler toute pensée dissidente en criminalisant et réprimant toute forme de contestation même non-violente, pour enfin réduire le peuple à l’obéissance et à la soumission, au silence et à la consommation. On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des Etats par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique. La notion de discrimination ne peut s’entendre que d’une différence de traitement n’obéissant à aucun but légitime.