Les politiques de lecture et leurs acteurs : 1980-2000 PDF

En 2016, déjà, 65 organisations humanitaires syriennes avaient signé un rapport démontrant que les réponses apportées par l’ONU aux problèmes humanitaires en Syrie marquaient un sérieux recul par rapport aux principes internationaux les politiques de lecture et leurs acteurs : 1980-2000 PDF ne respectant pas les principes d’impartialité, d’indépendance et de neutralité. Ils ont mis en lumière également le laxisme de l’ONU en matière de contrôle de l’affectation de cette aide. En mars 2018, l’écrivain et activiste égyptien Sam Hamad faisait un bilan de l’incapacité de l’ONU à jouer un rôle sur le terrain face à la stratégie de terreur du régime, surtout lors de la dernière campagne militaire dans la Ghouta, à l’est de Damas. Les victoires militaires du régime syrien au cours de l’année écoulée ont fondamentalement changé la dynamique du conflit, et l’aide humanitaire est un domaine de plus en plus touché.


Décrire, comprendre, interpréter les évolutions des politiques de lecture en France et le jeu de leurs acteurs, de 1980 à 2000, tel est l’objet de la recherche présentée ici. Au cours du XXe siècle, le problème social et culturel de l’insuffisance de l’offre de lecture est posé avec force par des militants, des bibliothécaires et des professionnels du livre et de la lecture. Dans les années quatre-vingt, les décideurs prennent en compte leurs revendications mais les politiques mises en œuvre se présentent essentiellement comme des politiques d’offre. Les lieux de lecture se multiplient, la production des objets à lire s’intensifie, les acteurs concernés par la cause et par le marché de la lecture sont de plus en plus nombreux à intervenir. Au début du XXIe siècle, un consensus semble s’imposer. L’étude considère l’ampleur et les limites de ce consensus et propose une analyse de l’action de chacune des grandes catégories d’acteurs impliqués. Derrière quelques illusions et l’unanimité apparente des discours, la concurrence régit les relations entre les partenaires. Les politiques mises en œuvre s’infléchissent en conséquence. Alors que l’éthique de conviction et les valeurs militantes se perdent, l’offre se rationalise, se professionnalise, s’institutionnalise. Elle structure la demande et gagne en rentabilité. La crise de la lecture n’en est pas pour autant épuisée. Les succès et les limites des politiques de lecture appellent d’autres mutations, notamment dans les manières d’offrir.

Le contrôle très strict du régime lui permet de décider où et par qui l’aide est fournie. La meilleure stratégie consisterait à élaborer et respecter un cadre opérationnel collectif pour garantir que l’aide dans les zones du régime soit distribuée de manière neutre et impartiale. Or ce n’est pas le cas. Les organisations humanitaires opérant dans les territoires du régime lui ont permis de contrôler leur travail et de l’utiliser pour consolider son autorité. Cette répartition a fonctionné jusqu’à ce que la majorité des territoires retombe sous le contrôle du régime.

Les agences de secours non réglementées qui avaient apporté leur aide pendant des années ne sont plus en mesure de les atteindre, tandis que les demandes d’intervention de ceux qui opèrent depuis Damas sont rejetées. Résultat : des centaines de milliers de Syriens n’ont plus ou toujours pas accès à l’aide humanitaire. Au cours des deux dernières années, un grand nombre d’humanitaires ont exploré les possibilités d’enregistrement à Damas afin de travailler dans les zones contrôlées par le gouvernement. Le processus d’enregistrement est complexe et les autorités de Damas ont tenu à le garder opaque. Obtenir une inscription officielle peut prendre de neuf mois à deux ans et cela n’est que la première étape. Les visas pour le personnel international doivent ensuite être demandés puis accordés.

Il est nécessaire de faire approuver le recrutement du personnel local par des partenaires locaux et des services de sécurité. Malgré ces difficultés, en janvier 2016, environ 14 ONG internationales étaient officiellement présentes dans des zones du pays contrôlées par le régime. 2018, ce nombre avait plus que doublé, passant à 31. Seules sept d’entre elles ont réussi à travailler à la fois dans les zones d’opposition et dans les zones sous contrôle du régime.

Les conditions sont ainsi posées bien avant le début des opérations. En 2016, un groupe représentatif d’ONG avait déjà soulevé de telles préoccupations mais ces dernières se concentraient sur les opérations et n’étaient pas remontées au processus d’enregistrement. En fin de compte, les agences humanitaires se retrouvent à nouveau confrontées au même dilemme : que faire pour aider les civils, sans renforcer le régime ? Alors que des groupes tels que Mercy Corps ont été forcés de quitter la capitale syrienne, mais continuent de soutenir plus de 40 000 personnes dans le nord-est et le nord-ouest du pays, certaines organisations tentent de travailler au sein du système, comme le Norwegian Refugee Council. Le NRC insiste sur les régions et bénéficiaires de son action. L’accent devrait être mis sur l’élaboration d’un nouveau cadre garantissant aux acteurs humanitaires une capacité à fournir de l’aide partout où elle est nécessaire, en dehors de toute considération politique.