Les savants croient-ils en leurs théories ?: Une lecture philosophique de l’histoire des sciences cognitives PDF

Les savants croient-ils en leurs théories ?: Une lecture philosophique de l’histoire des sciences cognitives PDF, gravure sur bois, Paris 1888, Coloris : Heikenwaelder Hugo, Wien 1998. Le terme  astrologie  renvoie généralement à l’astrologie occidentale.


Bousculant les frontières entre disciplines, entre philosophie et sciences, entre sciences de la nature et sciences humaines, entre sciences et techniques, les sciences cognitives représentent l’une des aventures intellectuelles les plus stimulantes de la seconde moitié du XXe siècle. Jean-Pierre Dupuy, à la fois acteur et observateur de cette aventure cognitiviste, en retrace ici une histoire critique.

Elle est partie de Sumer, a influencé l’Égypte, a dominé Babylone, et s’est démocratisée en Grèce, d’où elle nous est parvenue grâce à la médiation des Arabes. Les croyances associées à l’astrologie restent populaires. On rencontre souvent l’affirmation selon laquelle les Anciens ne distinguaient pas l’astrologie de l’astronomie. Les astronomes grecs de l’Antiquité, même s’ils ne l’affirmaient pas explicitement, faisaient clairement la différence.

L’astrologie s’est toujours nourrie des découvertes de l’astronomie. En effet, l’astrologie se fonde sur des calculs astronomiques pour établir les thèmes astraux, et souhaite utiliser les éphémérides les plus précises possible pour déterminer les positions des corps célestes. L’astrologie est l’étude des relations supposées entre les affaires terrestres et les phénomènes célestes en général. Dans la pratique astrologique concrète, de nombreux éléments sont utilisés. Soleil, Lune, Mercure, Venus, Mars, Jupiter, Saturne, Chiron, Uranus, Neptune, Pluton, etc. Nord et Sud de la Lune, Lune Noire, queue de la Lune Noire, nœuds des planètes, Soleil Noir, part de fortune et autres parts, vertex, etc. Placidus, Campanus, Régiomontanus, Morinus, Alcabitius, Porphyre, Koch, védique, topocentrique, égal, entier, nul, etc.

Si astrologie et astronomie ont en commun leurs racines historiques, les deux pratiques sont maintenant détachées et distinctes. L’astrologie ne peut être élevée au rang des sciences physiques en raison de la maigre reproductibilité de ses résultats, de l’absence totale de modèles d’explication, et de l’absence de causalité établie. Position de la bande zodiacale au fil de l’année : Les quatre sphères représentent les positions du Soleil au début de chaque saison. Le zodiaque dit tropical est le zodiaque des saisons.

Les douze divisions du zodiaque tropical sont fondées sur ces données de base. Les astrologues « tropiques » contemporains utilisent ainsi bêtement des signes rectangles, zones vides et immatérielles dénuées de toute consistance, de toute entité stellaire. Par ailleurs, les forces d’attraction gravitationnelle en jeu lors du simple phénomène d’attraction Terre-Lune sont, à l’échelle du nouveau-né, infiniment moins importantes que celles qu’exercerait la sage-femme. Les signes du Zodiaque, qui servent de cadre de référence et d’analyse, correspondent par leurs noms à des constellations situées sur l’écliptique. Henri Broch a écrit:  deux jours et mois identiques d’années différentes, donc une même position dans le zodiaque tropique, correspondent en fait à deux positions différentes de la Terre sur son orbite autour du Soleil. Lorsqu’un enfant naissait il y a 2000 ans au mois d’avril, le Soleil semblait se projeter dans le signe du Bélier.

Aujourd’hui le Soleil au mois d’avril ne se projette plus dans le Bélier, mais dans les Poissons. Les astrologues, bien que ne connaissant pratiquement rien à l’astronomie de position et encore moins à la mécanique céleste, ont tout de même entendu parler de la précession. La précession des équinoxes est l’argument principal contre l’astrologie contemporaine mis en avant par Georges Charpak et Henri Broch dans leur livre Devenez sorciers, devenez savants. La majorité des partisans et des contempteurs de l’astrologie n’ont pas encore compris que les signes du zodiaque n’ont rien à voir avec les étoiles et les constellations, mais représentent simplement 12 phases au sein de la relation cyclique entre la Terre et le Soleil. Choisir des secteurs réguliers constitue même un choix plus crucial que le choix du point de départ parmi les 4 points possibles. En effet, en astrologie, un découpage régulier du ciel en 13 au lieu de 12, ou même en n’importe quel autre nombre, est parfaitement envisageable et pertinent, et est parfois pratiqué.

Mais cependant, il ne faut pas perdre de vue que le découpage astrologique en 12 a sa raison d’être. 5, 7, 11, 17, 19, 23, etc. En résumé, si les astrologues contemporains ne tiennent pas compte des changements dans le découpage du ciel introduits par les astronomes des siècles modernes, c’est parce que ces changements ont été effectués pour de simples raisons de facilitation de la pratique astrocartographique, et non pas pour des raisons astrologiques. Le problème posé est qu’en supprimant le rapport entre constellations et signes, on nie la causalité entre les deux. Le phénomène mystique, certes peut-être incompris mais censé être réel, de l’influence desdites constellations sur les personnalités et les évènements ne compte plus. Articles détaillés : Zodiaque et Signe astrologique. Au centre de l’image, le centre galactique.