Musée d’arts africains, océaniens, amérindiens : Guide des collections PDF

Mémorial aborigène à la NGA, le Torres Strait Islander. Le terme art aborigène désigne aussi bien l’art des Aborigènes d’Australie qui précédèrent la colonisation que celui d’artistes aborigènes contemporains encore influencés par leur culture traditionnelle. L’art est musée d’arts africains, océaniens, amérindiens : Guide des collections PDF élément clé dans la culture aborigène.


De rares teintures ocre ont aussi servi de monnaie d’échange dans le nord de l’Australie. Le plus souvent qualifiés de « Lonka-Lonka », les larges coquillages en nacre sont gravés de motifs figuratifs ou abstraits. Ils peuvent suggérer dans certains cas, les itinéraires sacrés des hommes-Tingari au cœur du désert, les zigzags du tonnerre et de la pluie, le Rêve de la baleine Min-Nimb, les mouvements de l’eau, les effets des marées, des traces laissées sur le sable à basse eau ou la symbolique des mouvements d’un serpent sur le sol. Représentations de Mimis : petites créatures mythologiques. Ils sont si légers qu’ils ne sortent pas les jours de vent, sous peine de s’envoler comme des feuilles.

Quand les hommes les approchent, ils s’enfuient dans les crevasses des rochers. S’il n’y en a pas, les rochers s’ouvrent et se referment derrière eux. Presque toujours, l’art aborigène traditionnel se rapporte au Temps du rêve mythologique, qui remonte à plusieurs siècles si ce n’est plusieurs milliers d’années, dans une sorte de continuité historique où le présent et le passé ne cessent de se conjuguer et se réinventer. Un rêve « ancestral » va ainsi se développer et s’étoffer de la mémoire des nouvelles générations et des évènements marquants comme indiqué plus haut. Quel que soit le type de peinture fait dans ce pays, elle appartient toujours au peuple, à tout le monde.

C’est un culte, un travail, une culture. Il y a deux manières de peindre, et les deux sont importantes parce que c’est la culture. Beaucoup de sites importants de peinture rupestre aborigène ont été progressivement désacralisés et détruits par l’arrivée des colons et des touristes d’aujourd’hui. Des dessins ont été détruits lors de travaux de construction, par l’érosion ou par les graffitis.

Plusieurs sites maintenant nationaux doivent être surveillés par des gardes ou ont même été fermés définitivement au public. L’art aborigène s’affirmait avant tout comme un art collectif. Il y avait bien un propriétaire du Rêve pour son côté homme et pour son côté femme, dans une sorte de complémentarité, mais chacun à chaque génération jouait plus un rôle humble de passeur de mémoire. La peinture consistait juste en un support puissant le temps d’une cérémonie, sans attirer un intérêt spécifique une fois le rite terminé. L’art aborigène a progressivement cédé la place à des œuvres plus pérennes et innovantes. En 1966, un dessin de David Malangi fut utilisé sur les billets australiens d’un dollar, au départ sans qu’il le sache. En 1983, les Aborigènes Warlpiri, à Yuendumu, se mirent à peindre les 36 portes de l’école de la ville d’histoires tirées de ce mythe, et commencèrent ainsi un mouvement artistique.