Paul Gauguin : Le peintre-écrivain PDF

On y découvrira que le peintre-graveur était aussi photographe et cinéaste amateur. Concevant son œuvre picturale comme une entreprise autobiographique, il comptait en éclairer la lecture par ses écrits et notamment par son journal intime. Paul Gauguin : Le peintre-écrivain PDF même, sa pratique de la photographie apporte de précieuses indications sur sa manière d’envisager la conception d’une image. Ce dossier propose de suivre le parcours conçu par les deux commissaires, Angela Lampe et Clément Chéroux, respectivement historien de l’art et historien de la photographie, tous deux conservateurs du Musée national d’art moderne.


Si Gauguin est célèbre comme peintre et sculpteur, lécrivain quil a été est beaucoup moins connu. Tout au long de sa carrière dartiste, il a pourtant manié, souvent avec bonheur, la plume parallèlement au pinceau. Le présent ouvrage na pas lambition de faire un inventaire des écrits laissés par Gauguin, même si les citations rapportées sont nombreuses. Par contre, nous avons voulu montrer lintérêt à rapprocher, au plus près, certains tableaux avec les textes qui, directement ou indirectement, y font référence. Il apparaît alors que Gauguin nest pas peintre et écrivain mais véritablement peintre-écrivain. La méthode dune double lecture, picturale et littéraire, conjuguée avec le contexte temporel et géographique dans lequel lartiste vit, permet, quelquefois, de dégager une clé susceptible davancer dans la compréhension dune uvre. Ainsi, la symbolique du paradis perdu est lun des fi ls conducteurs majeurs qui caractérise les recherches tant littéraires que plastiques de Gauguin. Retrouver ce paradis, parmi les « sauvages », est devenu le but de son existence. Nous avons longuement évoqué cette question. Mais une autre clé de lecture nous est apparue. A travers létude de deux tableaux, Vaïraumati tei oa, Vaïraumati est son nom, en introduction et les Contes barbares en conclusion, nous avons montré que la question androgyne, souvent évoquée dans ses écrits, et qui a hanté Gauguin sa vie durant, constitue également une clé dentrée dans son univers. Le corps de louvrage est consacré aux quatre uvres conservées au Musée dArt Moderne et Contemporain de Strasbourg. Chacune dentre elles recèle quelques énigmes que nous avons essayé de pointer et, selon la méthode du rapprochement entre production artistique et production littéraire, tenté de comprendre.

Dès 1892, Munch s’éloigne du caractère dessiné et des effets de clair-obscur atmosphériques qui caractérisent le symbolisme3 de la première génération, pour se tourner vers des formes synthétiques et colorées. Une maturation rapide La maturation de son style a été, en effet, des plus rapides. Inscrit à l’École royale de dessin de Kristiania5 en 1880, Munch travaille ensuite auprès du peintre et écrivain naturaliste Christian Krohg, dans un atelier de l’avenue Karl-Johan. En 1884, il se mêle au mouvement artistique et littéraire de la Bohème de Kristiania, prenant de plus en plus distance avec le naturalisme.

En 1889, ayant obtenu une bourse d’État, il se rend à Paris, puis à Nice pour développer ses recherches en direction des impressionnistes et postimpressionnistes qu’il y avait découverts. Au cours de l’été 1891 qu’il passe dans sa maison d’Åsgårdstrand, il peint Mélancolie, considéré comme le premier tableau symboliste norvégien. Mettre en avant la vision intérieure Pour les représentants du symbolisme tardif, comme par la suite pour la mouvance expressionniste, il importe de s’éloigner de la vraisemblance du sujet représenté, qu’elle soit réaliste ou impressionniste. Il s’agit par-dessus tout de mettre en avant la vision intérieure, la subjectivité du regard qui opère au sein même de la perception. Or, ce n’est pas un hasard si ce désir se développe dans le champ artistique au moment où, par ailleurs, la technique photographique se perfectionne, libérant la peinture de son devoir de mimétisme. Et cet intérêt pour la possibilité de retranscrire un instantané de l’âme n’est sans doute pas non plus sans rapport avec l’avènement de la psychanalyse.

Prenant acte du développement de la photographie et de l’avènement d’une ère où l’image, techniquement reproductible, va changer de statut, par sa prolifération sur des supports et des formats variés, l’artiste s’interroge sur la valeur de l’image, sur son efficacité dans la peinture. Qu’est-ce qui fait que tel tableau ait du succès partout, que ce soit une toile ou une estampe ? Le caractère mental de  l’image  lui apparait clairement et c’est sur celui-ci que la valeur artistique d’une peinture doit reposer. Une pensée géniale ne meurt pas. Un trait au fusain sur un mur peut avoir plus de valeur artistique que plus d’un grand tableau richement encadré.