Plaisirs de la danse PDF

Elle faisait partie des danses très mal vues plaisirs de la danse PDF les autorités et les défenseurs de la morale traditionnelle. Comme nombre de danses populaires ses origines sont obscures.


Ce fut vers 1822 que les jeunes gens qui se rendaient à La Chaumière, commencèrent à danser ce que l’on appela d’abord le chahut et ensuite le cancan. Comment de l’état de prohibition policière, de proscription sociale où il resta pendant dix ans, le cancan put-il passer à l’état public, toléré, avoué, recherché même, où il est aujourd’hui ? Comment la police a-t-elle pu permettre de l’exécuter sur les théâtres secondaires ? C’est qu’en 1830, une révolution s’était accomplie, et que, comme toutes les choses de son temps, le cancan s’était trouvé mêlé à la politique.

Une autre version donne pour origine au cancan également appelé coincoin la danse pratiquée dans leurs fêtes par les blanchisseuses de Montmartre, introduite ensuite vers 1840 par Philippe Musard au bal de l’Opéra, célèbre bal du Carnaval de Paris. Paris en 1850, Céleste Mogador, danseuse vedette du Bal Mabille, invente une nouvelle danse, le quadrille naturaliste. Vers 1885, la danseuse-chorégraphe Grille d’Égout ouvre un premier cours de cancan à Montmartre. Nini Pattes en l’air, après 1894, l’enseigne. Parmi les danseuses de cancan les plus connues, Jane Avril et La Goulue sont passées à la postérité grâce au peintre Henri de Toulouse-Lautrec. Les règles du cancan, par le fait qu’il est issu de la culture populaire, sont assez souples suivant les danseuses. Il n’y a d’ailleurs pas d’école qui l’enseigne hormis celles de Grille d’Égout et Nini Pattes en l’air : cela ne fait que participer à l’éparpillement des styles, des intentions.

Cependant, les figures principales s’installent durablement. On peut ainsi citer celles dont le nom est issu du vocabulaire militaire : le port d’armes, la mitraillette, l’assaut, le pas de charge, ou des jeux enfantins : le saute-mouton, les petits chiens, etc. L’ensemble reste d’ailleurs uniforme : une danse exclusivement féminine, basée sur le célèbre pas, cuisse remontée et jambe vers le bas, dessiné sur l’affiche ci-contre. Tout le monde peut pratiquer le cancan à condition d’avoir une certaine souplesse.

Le Moulin Rouge peint par Toulouse-Lautrec. Le cancan cristallise l’image d’une société parisienne frivole et canaille, proche de celle décrite caricaturalement dans La Vie parisienne d’Offenbach. Sur une scène, des femmes montrent leurs dessous, soulèvent leurs dentelles : la provocation mêlée de complicité fait fureur. Les bas noirs, jarretelles et frou-frou prennent des surnoms très imagés et largement connotés sexuellement. Le cancan peut être vu par certains comme symbolisant une première ébauche de libération sexuelle et d’émancipation de la femme, qui est cette fois-ci celle qui séduit. Certes, celles qui étaient émancipées pouvaient être considérées de façon péjorative comme des prostituées mais la prostitution était certainement également présente dans les bals. Une armée de jeunes filles qui sont là pour danser ce divin chahut parisien, comme sa réputation l’exige avec une élasticité lorsqu’elles lancent leur jambe en l’air qui nous laisse présager d’une souplesse morale au moins égale.