Quand la famille marche sur la tête : Inceste, pédophilie, maltraitance PDF

Intérêt des enfants, intérêts des adultes ? J’entends régulièrement affirmer qu’il faut d’abord rappeler leurs devoirs aux enfants, avant de songer à leurs droits. D’autres, dans la même veine, n’hésitent pas à affirmer que c’est quand la famille marche sur la tête : Inceste, pédophilie, maltraitance PDF parce qu’on a reconnu des droits aux enfants qu’ils ne respectent plus aucune autorité.


Quand un enfant est abusé ou maltraité, il exprime sa souffrance avec des mots, des symptômes et des comportements. C’est lui qui a honte et qui se sent
coupable. Si son malaise n’est pas compris, l’enfant peut se taire pour longtemps, mais il peut aussi devenir menteur, voleur, hypocrite ou agresseur sexuel, perpétuant ainsi les actes des adultes qui lui ont fait violence. Quand la famille marche sur la tête, tout peut se mettre à marcher à l’envers – même la protection de l’enfance, et même la justice. C’est pourquoi il faut, selon Martine Nisse et Pierre Sabourin, construire une pratique thérapeutique qui s’étende à tous les partenaires de la protection de l’enfance, et intègre les différents intervenants sociaux, de la psychiatrie publique à la justice pénale, au cœur même du processus thérapeutique – c’est ensuite seulement que la thérapie individuelle de l’enfant devient possible. Cette conception, qui bouleverse nos usages, peut choquer – mais elle a aujourd’hui fait ses preuves.

Je ne surprendrai pas en disant que je ne partage pas un instant ces assertions. J’affirme même que c’est bien parce qu’on identifie un individu dans ses droits que l’on peut plus facilement exiger de lui qu’il respecte la loi. Il n’est pas besoin d’être un grand observateur politique pour retrouver cette problématique dans différents domaines du champ social. On retrouve cette idée dans l’approche du débat sur le vote des étrangers aux élections locales. J’ajoute que droits et devoirs ne sont pas indéfectiblement liés. Certains droits de l’homme fondamentaux comme le respect de la personne ne sont gagés par aucun devoir.

La femme qui ne se fait pas agresser sexuellement dans la rue n’a pas à remercier le passant qu’elle croise ! Par ailleurs il ne faut pas confondre autorité et violence. On peut faire preuve d’autorité sans élever la voix ou sans frapper. Sii dans notre pays l’autorité quelle qu’elle soit n’est pas respecté, c’est souvent parce qu’elle-même n’est pas ou plus respectable. On multiplierait les exemples issu notamment du terrain public Chacun les ayant en tête je ferai l’économie de les restituer. Reste que devant l’intérêt que mes lecteurs portent à la problématique droits et devoirs si j’en juge par le taux de consultation journalier des billets de ce blog qui abordent cette question, il m’apparaît nécessaire de la reprendre plus exhaustivement. Commençons par le début : qu’est-ce qu’un enfant au sens juridique du terme ?

Il s’agit d’une personne humaine de moins de 18 ans. La majorité civile a été ramenée en 1974 de 21 à 18 ans. La majorité pénale elle est à 18 ans depuis 1906 quand elle était jusque là à 16 ans. En d’autres termes, à 18 ans tout individu dispose de l’ensemble de ses droits civils, civiques et politiques.

Ce n’est cependant pas dire, on va le voir, que le droit traite de la même manière l’enfant de 0 à 18 ans. Quand pour le journal Tintin on est un enfant de 7 à 77 ans, à 18 ans la société pose le principe que le petit d’homme est achevé. François Dolto y aura contribué d’une manière essentielle dans la dernière période mais c’est bien le travail d’un siècle qui a commencé au lendemain de la deuxième révolution industrielle. D’ailleurs ne n’interpelle-t-on pas traditionnellement ses interlocuteurs en leur demandant  Combien avez-vous d’enfants ? La tendance reste encore forte de considérer l’enfant comme un bien. On  retrouve régulièrement cette approche dans le débat sur l’adoption ou la revendication d’enfants par les couples homosexuels avec cette difficulté que la puissance publique ne peut pas garantir un droit à l’enfant.

Le fait de s’attaquer à un enfant de moins de 15 ans est devenu une circonstance aggravante en 1892. Depuis tout un droit pénal protecteur des enfants, dans leur personne, mais aussi dans leurs intérêts moraux, a émergé. Qui pourra contester cette prise de conscience ? La patrie autoproclamée des droits de l’homme a des retards à l’allumage s’agissant des femmes et des enfants. Certes Napoléon a bien reconnu que l’enfant né avait des droits, mais ses parents et tuteurs étaient seuls habilités à les exercer.

Il est tenu pour un incapable juridique. L’enfant s’est vu reconnaître le droit d’agir seul dans certains cas. Ainsi il peut porter plainte au commissariat contre ceux qui par exemple  l’auraient violenté ou volé. Il  suffit qu’il soit doué de discernement et on estime en France qu’un enfant de 7-8 ans, parfois moins est doué du discernement.