Savorgnan de Brazza (1852-1905) : Une épopée aux rives du Congo PDF

Pierre Savorgnan de Brazza by Paul Nadar. Rome, sous le nom de Pietro Paolo Savorgnan di Brazzà, le futur explorateur est le septième des savorgnan de Brazza (1852-1905) : Une épopée aux rives du Congo PDF enfants du comte Ascanio Savorgnan di Brazzà, un noble d’Udine, issu des Savorgnan, famille patricienne de la République de Venise.


En 2005, la France célèbre le centenaire de la disparition de l’un des explorateurs qui ont construit l’empire colonial. De 1875 à 1905, Savorgnan de Brazza va consacrer sa vie à l’exploration des régions alors inconnues qui constitueront le Congo
 » Brazzaville « . Les bassins de l’Ogooé et du Congo seront parcourus, et d’immenses régions sur la rive droite du Congo rattachées à l’empire français. Politique coloniale, intérêts privés, rivalités
internationales et franco-françaises sont racontés ici et font de cet ouvrage une biographie passionnante d’un personnage hors du commun. C’est également une étude fort complète sur les implications
internationales et de politique intérieure qui accompagnent l’implantation française en Afrique équatoriale.

Revanche, dans l’une des escadres de la mer du Nord. Avec l’avènement de la IIIe République, sa deuxième affectation est la frégate Vénus, qui faisait régulièrement escale au Gabon. En 1874, Brazza remonte deux fois le fleuve Ogooué. Il doit cependant revenir quelques mois à Paris pour passer son diplôme de capitaine au long cours, afin de demeurer dans la Marine nationale et y poursuivre son dessein. Pour cette expédition, qui dure de 1875 à 1878, il se munit de toiles de coton et d’outils pour le troc.

Il est seulement accompagné d’un médecin, d’un naturaliste et d’une douzaine de fantassins sénégalais. Brazza s’enfonce dans l’intérieur des terres et réussit à nouer de bonnes relations avec la population locale, grâce à son charme et son bagout. Brazza dans les années 1870, photographié par Fratelli Vianelli à Venise. Antoine Mizon, pour faire pièce aux visées coloniales belges sur le continent africain. De retour en France, il popularise ses découvertes grâces à de multiples réunions publiques et articles de presse. Le 30 novembre 1882, la loi ratifiant le traité d’amitié, signé entre Illoy Ier et Brazza, est promulguée.

Mais, en 1904, il donne sa démission en invoquant les responsabilités de la franc-maçonnerie dans la gestion de la colonie de l’Afrique-Équatoriale française. Pierre Savorgnan de Brazza en indigène, photographié par Paul Nadar en 1882. En avril 1898, touché par un  dégagement des cadres , Brazza est écarté de la marine nationale et placé à la retraite d’office. Selon les documents, Brazza s’oppose à l’expédition Marchand à cause de la présence d’un grand nombre de soldats, ce qui témoignait de l’esprit de soumission des populations qui inspirait cette entreprise. Brazza lui-même avait proposé depuis six ans d’organiser une expédition sur le même parcours pour ouvrir une voie de connexion entre le Congo et l’Afrique du nord. Le désordre que l’on remarque autour de lui, le débraillé de sa tenue, sont les répercussions de son état intellectuel, il n’a aucun plan arrêté, change d’idées 20 fois par jour et le moment d’agir venu, il cède à l’impulsion de ce moment-là.

De l’autre côté, Brazza accuse Largeau d’être corrompu par les agents commerciaux désireux de mettre en place un régime d’exploitation sans se préoccuper des droits des indigènes. Selon les documents, le manque d’organisation de la colonie était dû en partie au budget très limité. Brazza est forcé de se retirer à Alger. Le territoire de l’Afrique équatoriale française est divisé entre environ 40 compagnies concessionnaires. Les sociétés qui se partagent l’exploitation de ces pays déciment les populations, soumises aux violences et aux brutalités : portage, travaux forcés, réquisitions et répression de toute tentative de résistance. En 1905, à la suite du scandale de l’affaire Toqué-Gaud, on lui demande d’inspecter les conditions de vie dans les colonies, conditions qui s’étaient détériorées pendant son absence.

Au retour de sa mission, atteint de fortes fièvres, il est contraint de débarquer à Dakar. Le 14 septembre 1905, veillé par sa femme et le capitaine Mangin, il décède à six heures du soir. Le bruit court qu’il a été empoisonné. Son corps est d’abord réclamé par le gouvernement français. La Troisième République cherche en effet ses nouveaux héros.

Brazza, officier de marine aristocrate, élégant, héroïque, révolté par l’esclavagisme, apôtre de la paix, et surtout désintéressé, a un profil parfait à tous ces égards. On pense donc pour lui au Panthéon et à la récupération de sa gloire intacte. Après sa mort, sa femme recevra une petite rente du gouvernement français puis les revenus d’un débit de tabac après une importante campagne de presse. La maison des Brazza, la villa Dar-es-Sangha à Alger fut donnée par Charles dernier des enfants survivants à l’initiative du général de Chambrun, son oncle, au Gouverneur d’Algérie pour devenir un musée qui fut inauguré le 15 février 1952 lors des cérémonies du centenaire de la naissance de son père. La maison comprenait des meubles, des objets, une importante bibliothèque et d’innombrables documents.

Henry Morton Stanley, alias  Mbula Matari  une expression qui veut dire  Cogne la pierre . Gaud dira à son procès qu’il voulait faire constater autour de lui l’étrangeté de cette mort :  Ni trace de coup de fusil, ni trace de coup de sagaie : c’est par une sorte de miracle qu’est mort celui qui n’avait pas voulu faire amitié avec les Blancs. Brazza, et qui sera à l’origine de son dernier voyage au Congo. Trois membres de la famille de l’explorateur, Niccolò di Brazzà, Roberto Pirzio-Biroli et Pietro di Serego Alighieri, ainsi qu’un membre de la famille de sa femme, Pierre-Antoine de Chambrun, assistaient à l’exhumation des corps.

L’ambassadeur du Congo, Jean-Baptiste Dzangue, et le consul de France en Algérie, Francis Heude, les ambassadeurs de France, Hubert Colin de Verdière, du Sénégal Saïdou Nourou Ba, d’Italie, Battista Verderame, et un représentant du ministère algérien des Affaires étrangères, étaient également présents. Le cercueil de Savorgnan de Brazza était recouvert du drapeau français. Le caveau familial de Savorgnan de Brazza à Alger, monument le plus élevé du cimetière, était surmonté d’un buste de bronze de l’explorateur. Situé près de la Mairie Centrale, le mausolée qui a reçu ses cendres à Brazzaville n’est pas moins imposant.